DEGAS, Edgar (1834-1917)

Lettre autographe signée « Degas » à Charles Deschamps
Paris, vendredi [antérieur à 1884], 3 p. in-8

« Vous allez recevoir le petit tableau »

EUR 3.500,-
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Fiche descriptive

DEGAS, Edgar (1834-1917)

Lettre autographe signée « Degas » à Charles Deschamps
Paris, vendredi [années 1870], 3 p. in-8 sur papier de deuil
Traces de pliures d’époque, infimes déchirures aux pliures

Degas prie le marchand Charles Deschamps de vendre l’une de ses toiles en cours afin d’assurer financièrement sa fin de mois


« Mon cher Deschamps,
Je devais être à Londres depuis quelque temps, d’après mon dire. Je n’y suis pas parce que le tableau de
[Jean-Baptiste] Faure n’est pas fini, que je ne voudrais aller le rencontrer là-bas sans lui donner de meilleures nouvelles, et que je n’ai plus guères le temps de flâner si je veux n’avoir pas encore au 1er septembre rien à lui livrer – Il part de Londres le 18 ou 19 je le sais – Peut-être à la fin du mois, un peu avant toutefois, j’irai vous voir ainsi que la colonie française. Mais rien n’est moins sûr.
En attendant
vous allez recevoir le petit tableau que vous aviez vu en train et que vous aviez pris l’idée de vendre à M. Huth – Puissiez-vous le faire !
J’ai vers la fin du mois pas mal à payer. Il me rentrerait quelque argent, que j’en serais enchanté –
Quant au prix, il me semble que 150 à 200 livres est bien –
Je voudrais y joindre deux autres choses, un peu vaporeuses – J’y travaille à présent. Mais il fait bien chaud et je ne puis y mettre tout le temps qu’il faudrait. – Occupez-vous de moi, mon cher Deschamps, je vous en serai bien obligé –
Dites-moi aussi si la saison n’est pas bien avancée. Je le crains – Bonjour à votre aimable femme d’abord, à Tissot et Nittis ensuite.
bien à vous
Degas »


Degas avait un intérêt soutenu dans les années 1870 pour le marché britannique, quand les ventes de tableaux s’avéraient plus difficiles à Paris. L’artiste s’y montre sensible au succès que rencontrent alors Tissot, de Nittis ou Fantin-Latour à Londres. Il est d’ailleurs convaincu que le renouveau du réalisme qu’il prône bénéficierait d’une meilleure réception outre-Manche. On découvre ainsi l’intensité du tissu relationnel qu’il nouait dans ses allers-retours en Angleterre.

Charles Deschamps était le neveu et l’assistant du marchand d’art Ernest Gambart. Deschamps s’installe à Londres lors du siège de Paris en 1870. Il devient directeur de la succursale de Durand-Ruel dans la capitale anglaise avant de se mettre à son compte. Il était le contact principal de Degas pour toutes les ventes de ce dernier vers le Royame-Uni.