LOUIS XIV (1638-1715)

Pièce autographe signée “Louis” à Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain
[Marly, 8 juillet 1711], 2 pages in-4

“Je ne saurois donner grâce pour les duels”

EUR 9.500,-
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Fiche descriptive

LOUIS XIV (1638-1715)

Pièce autographe signée “Louis” à Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain
[Marly, 8 juillet 1711], 2 pages in-4

Pièce autographe signée du roi soleil dans les toutes dernières années de son règne, se montrant impitoyable dans l’exercice de son pouvoir absolu en refusant la grâce de trois condamnés à mort

Cette pièce autographe signée de Louis XIV (une trentaine de mots), s’inscrit en réponse d’une lettre à lui adressée par Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain. Les phrases retranscrites en majuscules sont de la main du roi


A MARLY CE MERCREDI AU SOIR

J’ay l’honneur d’envoyer à V.M. [Votre Majesté] une lettre de M. le procureur général que j’ay reçu en chemin en venant icy avec mon père. V.M y verra l’arrest que le Parlement a rendu contre les trois soldats aux gardes que V.M fit dernièrement arrester à Marly. Un de ces soldats et le fils d’un sculpteur de paris âgé de dix-sept ans doivent estre demain executés à moins que V.M n’en ordone autrement. En pareil cas il ne m’est pas permis de vous rien proposer et je n’ay qu’à attendre vos ordres et les exécuter. V.M peut mesme ne pas me répondre à cet article si elle veut.

JE NE SAUROIS DONNER GRÂCE POUR LES DUELS

L’assemblée du clergé supplie très humblement V.M. de vouloir bien remettre la harangue de closture à dimanche.
Ils assurent qu’ils ont besoin de tout ce temps-là pour finir. Je croy que V.M voudra bien l’agréer d’autant plus que cela ne dérange rien de l’essentiel de votre service et que le contract sera signé lundy. C’est l’essentiel.

JE LAIME AUTANT DIMANCHE QUE LUNDY

L’Assemblée demande si la harangue ne sera pas à deux heures & demie et si V.M. ne leur permetra pas d’avoir l’honeur de Vous faire leur cour dès le matin

A 2 HEURES ET DEMIE
IL PEUVENT VENIR DES LE MATIN.
LOUIS

J’attendrai sur tou cela les ordres qu’il plaira a V.M de me doner et je les executeray toujurs avec zele empressement et soumission.
Pontchatrain
A Paris ce mercredy au soir 8 juillet”


Le pouvoir royal avait essayé tout au long du xviie siècle de mettre fin à la pratique des duels à laquelle tenait fortement la noblesse comme un privilège de classe. De nombreuses interdictions furent édictées (dont encore une déclaration royale du 28 octobre 1711), mais c’est l’intransigeance de louis XIV refusant toute grâce qui se révéla vraiment efficace. L’assemblée du clergé qui se tint en 1711 aboutit entre autres à l’octroi d’une subvention de huit millions de livres au pouvoir royal, par un contrat signé le 13 juillet, en échange d’exemptions fiscales.
Jérôme Phélypeaux De Pontchartrain (1674-1747) a laissé l’image d’un homme au caractère difficile mais d’une grande activité dans ses charges. Fils du contrôleur des Finances, il fut conseiller au parlement de paris (1691) puis secrétaire d’État ayant dans son département la Marine et la Maison du roi.