MARAT, Jean-Paul (1743-1793)

Lettre autographe signée « Le Dr Marat » à l’abbé Prochon
De la rue du vieux Colombier [Paris], 25 janvier 1788, 1 p. 1/2 in-8°

« L’amour du vrai nous unit »

EUR 7.000,-
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Fiche descriptive

MARAT, Jean-Paul (1743-1793)

Lettre autographe signée « Le Dr Marat » à l’abbé Prochon
De la rue du vieux Colombier [Paris], 25 janvier 1788, 1 p. 1/2 in-8°
Traces de pliures, anciennes réparations sur la deuxième page, petites froissures, taches, rousseurs, papier fragilisé en marge inférieure

Très rare lettre de Marat, à la veille de la Révolution, au sujet de ses travaux sur l’optique


« Je n’ignore pas, Monsieur, que vous êtes le premier qui ait attaqué, avec connaissance de cause, la doctrine de la différente réfrangibilité ; et je ne doute nullement que vous ne l’eussiez renversée, si vous aviez tourné vos vues du côté des faits qui lui servent de base. Le hasard m’a ménagé ce travail, et quoique nous différions encore de principes, l’amour du vrai nous unit, et je me flatte que vous voudrez bien recevoir mon ouvrage comme une marque d’estime. Examinez-le, Monsieur, avec cette impartialité et ce discernement, dont vous avez fait preuve tant de fois ; constatez les faits peu connus qu’il contient, pesez les preuves nouvelles qui y sont développées ; et s’il mérite votre suffrage, daignez concourir au triomphe de la vérité ; avec le zèle généreux d’un vrai scrutateur de la nature. J’ai l’honneur d’être, avec la considération la plus distinguée, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Le Docteur Marat »


Période charnière dans la carrière du futur tribun de la Montagne, l’année 1788 voit la publication des « Mémoires académiques, ou nouvelles découvertes sur la lumière », qui ne rencontrent pas le succès escompté. « Présentant le bilan d’une vie de recherches, de publications et de déboires, il semble au bord du gouffre, de la dépression. (…) En juillet de cette année-là, il rédige même son testament, se croyant médicalement condamné : « Seul, brisé physiquement et moralement, il dresse le bilan de trente années de déceptions que le sort lui a réservées », écrit Gérard Walter.

C’est alors que l’annonce de la réunion des États généraux, le 8 août 1788, et la campagne pour la liberté de la presse le font sortir de sa léthargie, réveillant le penseur social et politique, quinze ans après la publication prémonitoire des Chaînes de l’esclavage » (Marat, l’Ami du Peuple, Serge Bianchi, 2017, pp. 34-35). La présente lettre, qui, d’après une note jointe, accompagnait l’envoi d’un exemplaire des Mémoires académiques à l’abbé Prochon, conservateur du cabinet d’optique et de physique du Roi Louis XVI, témoigne des efforts désespérés entrepris par Marat dans sa quête de reconnaissance et d’ascension sociale.

On joint :
– Une note descriptive de la lettre, probablement du 19e siècle
– Une fiche descriptive de la lettre extraite d’un ancien catalogue