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Lettre autographe signée « LP » [à son épouse la reine Marie-Amélie]
Nancy, 14 juin 1831, 3 pp. in-8°
« Mon entrée à été brillante dans cette immense cour. Tous les soldats y étaient descendus au bruit de mon approche »
Lettre autographe signée « LP » [à son épouse la reine Marie-Amélie]
Nancy, 14 juin 1831, 3 pp. in-8° à l’encre brune
Papier bruni, rousseurs, plis renforcés au papier Japon
Une surcharge et deux mots caviardés par Louis-Philippe
Louis-Philippe savoure son entrée triomphale dans Nancy lors de sa tournée dans l’Est
Une rare lettre intime à son épouse, la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles
« Voilà encore une journée bien passé, ma chère bonne amie, je t’en réponds. La revue a été superbe […] J’ai parcouru toute la ville pour visiter les établissements publics et les grandeurs du Roi Stanislas [Leszczyński, père de la reine Marie Leszczyńska] qui, selon Giacomo, mais selon personne autre à ce que je crois, était bien un autre architecte que Mr [Pierre] Fontaine. Il est sûr pourtant qu’il a fait de grandes et belles choses, mais contournées et Louis-quinziques [sic].
C’est cependant très beau et bien conçu. Chartres [sic. Louis Charles Philippe Raphaël d’Orléans, duc de Nemours] adore Nancy, et on y est bien aimable en particulier pour lui, et puis c’est que Nancy et Lunéville ont été ses premières visites et cela reste.
Tu peux croire que je pars aussi content de Nancy que de Metz et de tout le pays, car c’est partout la même chose. J’ai terminé ma tournée pour les superbes casernes bâties pour Stanislas pour le Régiment du Roi, et occupées aujourd’hui pour le 26e léger et le 58e de ligne. Je les ai trouvées en mauvais état et mal tenues, ce que j’ai dit à la joye générale, mais mon entrée à été brillante dans cette immense cour. Tous les soldats y étaient descendus au bruit de mon approche, et me recevaient à merveille, mais quand ils m’ont vu mettre pied à terre, et qu’ils m’ont entendu dire que je voulais visiter les chambrées, il est parti un élan de cris de joye comme jamais je n’en ai entendu, et ils se sont précipités les uns sur les autres pour y arriver les premiers. J’ai grimpé les escaliers pêle-mêle avec eux, et les cris de Vive le Roi retentissaient dans ces grands corridors. Je suis entré dans plusieurs chambrées, j’ai mangé du pain de munition et je les ai enchantés. C’était dans la partie occupée pour le 58e, en sortant, je n’ai pas manqué de faire semblable visite au 20e et pendant que je la faisais, tout le 58e est sorti et s’est formé de lui-même et sorti les armes devant ses casernes, toujours criant Vive le Roi à tût-tête, et la joy a redoublé quand ils m’ont vu emmener mon cheval et passer au galop devant leur front et alors c’était des cris de Bravo le Roi, Vive le Roi, comme pendant la pluye à Metz. On ne peut pas nier qu’ils ne soient bien aimables, et que ce ne soit de bien braves gens. Je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que ma sœur [Adélaïde d’Orléans] et les poulets et poulettes [ses enfants]. LP. »
Du 6 juin au 1ᵉʳ juillet 1831, Louis-Philippe entreprend une vaste tournée dans l’Est de la France — région où les républicains et les bonapartistes demeurent nombreux et influents — en compagnie de ses deux fils aînés, le prince royal et le duc de Nemours, ainsi que du comte d’Argout. Le souverain fait successivement halte à Meaux, Château-Thierry, Châlons, Valmy, Verdun, Metz, Nancy, Lunéville, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Besançon et Troyes. Cette tournée, couronnée de succès, offre à Louis-Philippe l’occasion d’affermir son autorité et de renforcer sa présence politique dans des territoires jugés sensibles.
L’héritage urbain du Roi Stanislas :
Ancien roi de Pologne devenu duc de Lorraine en 1737, Stanislas réside principalement à Nancy et engage un vaste programme d’embellissement confié à l’architecte Emmanuel Héré. De cette entreprise naissent la place Royale — inaugurée comme place Stanislas en 1831 — et l’ensemble urbanistique qui l’entoure. Par son mécénat, ses fondations éducatives et philanthropiques et son souci constant de modernisation, Stanislas marque durablement l’identité urbaine et culturelle de Nancy, à laquelle il confère une part essentielle de son prestige actuel.
Provenance :
Coll. particulière