PROUST, Marcel (1871-1922)

Lettre autographe signée « Marcel Proust » à Fernand Gregh
S.l.n.d. [26 déc. 1904], 1 p. petit in-8°, avec enveloppe

« Vos lumières dans cette brume ; une crèche dans les ténèbres »

VENDU
Fiche descriptive

PROUST, Marcel (1871-1922)

Lettre autographe signée « Ton Marcel Proust » à Fernand Gregh
S.l.n.d. [26 déc. 1904], 1 p. petit in-8° sur papier de deuil, à l’encre noire
Filigrane : ‘Waterword’
Marque de pliure centrale inhérente à la mise sous pli d’origine
Enveloppe autographe jointe, timbrée et oblitérée (légers manques, ancienne trace d’onglet, annotations typographiques)

Proust ou l’art de se faire pardonner pour un Noël manqué !


« Mon cher Fernand, je n’ai pas osé sortir par ce brouillard. Le feu qu’il y avait dans la maison m’a rendu extrêmement souffrant.
Cela aurait pourtant été bien joli vos lumières dans cette brume ; une crèche dans les ténèbres. Ton Marcel Proust.
Dis bien mes regrets très vifs et très respectueux et encore mes remerciements à madame Gregh. 
»


Proust avait été invité à Dammarie-les-Lys pour passer le réveillon, où les beaux-parents de Fernand Gregh avaient loué une maison de style Louis XVI. Trop souffrant, il dut renoncer, par une épître brève mais reconnaissable entre mille par son style.
Dans sa lettre du 20 décembre à Madame Straus, Proust écrivait cependant : « J’irai peut-être un jour à la campagne pour Noël. »
D’après les indications météorologiques du Figaro de l’époque, on signale un épais brouillard et un temps froid à Paris depuis le vendredi 23 décembre 1904. Pour le lendemain 24, on constate que le brouillard persiste à Paris. Pour le 25, on indique que la journée fut encore brumeuse. (Kolb)

Fernand Gregh (1873-1960) rencontre Marcel Proust en janvier 1892, parmi les élèves du lycée Condorcet qui animaient la revue littéraire Le Banquet. Il en devient rapidement le directeur, tandis que Proust y publie certains de ses premiers textes importants, tant littéraires que théoriques. En 1893, avec deux autres élèves du lycée et membres du Banquet, Louis de La Salle et Daniel Halévy, Proust et Gregh entreprennent l’écriture d’un roman à quatre mains. Ce texte collectif, conçu sur le modèle de La Croix de Berny (composé par Gautier et trois autres écrivains), ne fut pas achevé, mais Proust en fut le principal rédacteur et y introduisit déjà des thèmes qui réapparaîtront dans La Recherche. Fernand Gregh se consacra ensuite presque exclusivement à la poésie, remportant un prix de l’Académie française en 1896. Il joua un rôle notable dans la vie littéraire en tant que secrétaire de rédaction à la Revue de Paris (1894-1897) et rédacteur des Lettres (jusqu’en 1909). Son amitié avec Proust connut cependant des intermittences, notamment en raison de divergences esthétiques. Par ailleurs, comme beaucoup d’écrivains « établis », Gregh regarda d’abord Proust avec une certaine condescendance, tandis que Proust moquait de son côté le caractère « charmant » mais parfois ridicule de son ami. Fernand Gregh entra à l’Académie française en 1953 et y laissa d’importants souvenirs littéraires, dont un volume intitulé Mon Amitié avec Marcel Proust (1958), dans lequel il publia ses lettres reçues de l’auteur de La Recherche.

Provenance :
Fernand Gregh
Puis coll. particulière

Bibliographie :
R.D.M. 15 janv. 1954, p. 300
Corr., t. IV, Kolb, Plon, n°223

Prenez une longueur d’avance

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos nouveautés et annonces importantes.

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité. Désabonnez-vous à tout moment.