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Lettre autographe signée « G Brassens » à Sophie Duvernoy
S.l.n.d., 1 p. in-8° oblongue au stylo bille noir
« P. Nicolas viendra pour voir si la contrebasse entre dans la Volvo… »
Lettre autographe signée « G Brassens » à Sophie Duvernoy
S.l.n.d., 1 p. in-8° oblongue au stylo bille noir
Pliure centrale
Insomnies et transport de contrebasse
« Chère Sophie 6 heures du matin je ne dormais pas encore aussi – comme j’ai pris un somnifère – mon sommeil risque de se prolonger assez tard dans l’après-midi quand P[ierre] Nicolas viendra pour voir si la contrebasse entre dans la Volvo, prenez la clé et accompagnez-le.
Merci amitiés
G Brassens »
Pierre Nicolas (1921-1990) fut le contrebassiste de Brassens pendant près de trente ans. Il naît impasse Florimont, à Paris. Par un curieux hasard, c’est dans cette impasse que Georges Brassens s’installe en 1944 et qu’il vivra 22 ans, chez Jeanne Planche. Pierre Nicolas accompagne également Barbara sur les planches de Bobino et sur nombre de ses disques. Il est aussi bassiste pour Brel, Trenet, Béart ou encore Patachou. Après la mort de Brassens, Pierre Nicolas participe à l’enregistrement de quelques inédits du chanteur, interprétés par Jean Bertola.
Provenance : Succession Sophie Duvernoy (1930-2025)
Figure discrète mais essentielle de l’entourage de Georges Brassens, Sophie Duvernoy entre à son service en 1969, après avoir travaillé chez le dessinateur Raymond Peynet. Elle l’appelait « le bon maître », surnom que Georges Brassens lui avait lui-même suggéré, non sans malice, lors de leur rencontre. Originaire de Pologne et de neuf ans la cadette du chanteur, elle est recrutée presque fortuitement par ce dernier lorsque Peynet part s’installer dans le Sud. Brassens vit alors dans l’immeuble Le Méridien, rue Émile Dubois, aux côtés de voisins et amis tels que Jacques Brel. Dès lors, Sophie accompagne Brassens dans son installation rue Santos-Dumont et s’impose rapidement comme une présence stable dans un environnement marqué par les visites d’amis et du monde artistique. Se dessine ainsi une relation fondée sur la confiance et la complémentarité entre deux tempéraments réservés.
Au cœur de cet espace domestique devenu lieu de création, Sophie Duvernoy assume un rôle central, veillant à préserver les conditions nécessaires au travail du poète sétois. Gardienne du silence, responsable de l’intendance et des échanges avec l’extérieur, elle évolue au plus près du processus créatif de Brassens sans jamais en troubler l’équilibre. Sa proximité se manifeste également par une participation ponctuelle à son œuvre. En effet, elle prend part au chœur des copains (avec notamment Claudine Caillart, Fred Mella, Joël Favreau, Pierre Nicolas, André Tavernier…) dans deux chansons, Tempête dans un bénitier et Le Roi. Après la mort de son « bon maître », elle vit dans un appartement acquis par ce dernier et dont il lui avait garanti l’usage à vie, témoignant ainsi de la place singulière qu’elle occupa, à la fois dans son quotidien et à proximité immédiate de sa création artistique.