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Carte postale autographe signée « G Brassens » à la famille Duvernoy
Cachet postal [Sète, 13 août 1968], 1 p. in-8° oblongue, à l’encre noire
« Ne perdez pas trop de temps à la tambouille »
Carte postale autographe signée « G Brassens » à la famille Duvernoy
Cachet postal [13 août 1968], 1 p. in-8° oblongue, à l’encre noire
La carte est cosignée par Püppchen, muse et maîtresse de Brassens
Au verso : vue du canal, des quais et du Palais Consulaire de Sète
Taches superficielles, coins très légèrement frottés
Charmante et rare carte de Brassens envoyée depuis ses terres natales sétoises
« J’espère que vos vacances se passent bien et que vous ne perdez pas trop de temps à la tambouille
Amitiés
G Brassens »
Brassens naît et grandit à Sète avant de partir pour Paris à 18 ans, suite à une affaire de vol qui lui vaut une mauvaise réputation. Bien qu’il ne lui consacre qu’une seule chanson directement, la Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966), la ville et ses amis d’enfance auraient également inspiré Les Copains d’abord (1964), écrite en souvenir d’une cabane de fortune sur la plage voisine de Balaruc-les-Bains. Brassens repose aujourd’hui au cimetière Le Py de Sète.
Joha Heiman, dite Püppchen (1911-1999), est la compagne et muse estonienne de Brassens. Source d’inspiration, certaines des plus belles chansons de Brassens lui sont dédiées : Je me suis fait tout petit, Saturne, J’ai rendez-vous avec vous, Rien à jeter. Bien qu’amants, ils vivent séparément et ne se marient pas. « J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main », écrit Georges Brassens dans sa chanson La Non-demande en mariage (1966) en hommage à Püpchen (« petite poupée » en allemand, orthographié avec un seul « p » par Georges Brassens, ce qui signifie « petit pet »).
Provenance : Succession Sophie Duvernoy (1930-2025)
Figure discrète mais essentielle de l’entourage de Georges Brassens, Sophie Duvernoy entre à son service en 1969, après avoir travaillé chez le dessinateur Raymond Peynet. Elle l’appelait « le bon maître », surnom que Georges Brassens lui avait lui-même suggéré, non sans malice, lors de leur rencontre. Originaire de Pologne et de neuf ans la cadette du chanteur, elle est recrutée presque fortuitement par ce dernier lorsque Peynet part s’installer dans le Sud. Brassens vit alors dans l’immeuble Le Méridien, rue Émile Dubois, aux côtés de voisins et amis tels que Jacques Brel. Dès lors, Sophie accompagne Brassens dans son installation rue Santos-Dumont et s’impose rapidement comme une présence stable dans un environnement marqué par les visites d’amis et du monde artistique. Se dessine ainsi une relation fondée sur la confiance et la complémentarité entre deux tempéraments réservés.
Au cœur de cet espace domestique devenu lieu de création, Sophie Duvernoy assume un rôle central, veillant à préserver les conditions nécessaires au travail du poète sétois. Gardienne du silence, responsable de l’intendance et des échanges avec l’extérieur, elle évolue au plus près du processus créatif de Brassens sans jamais en troubler l’équilibre. Sa proximité se manifeste également par une participation ponctuelle à son œuvre. En effet, elle prend part au chœur des copains (avec notamment Claudine Caillart, Fred Mella, Joël Favreau, Pierre Nicolas, André Tavernier…) dans deux chansons, Tempête dans un bénitier et Le Roi. Après la mort de son « bon maître », elle vit dans un appartement acquis par ce dernier et dont il lui avait garanti l’usage à vie, témoignant ainsi de la place singulière qu’elle occupa, à la fois dans son quotidien et à proximité immédiate de sa création artistique.