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Poème autographe
S.l.n.d., 2 p. in-folio
« Ô vous qui portez dans mon cœur / L’effroi, l’horreur, la mort, la rage… »
Poème autographe : « L’Époux malheureux »
S.l.n.d., 2 p. in-folio en recto-verso
Cote d’inventaire d’une autre main, légèrement effrangé, brunissures et marques de pliures
Caviardages et surcharges de la main de Rouget de Lisle
Touchant poème sur l’infidélité conjugale et la trahison de l’ami
« Ô vous qui portez dans mon cœur
L’effroi, l’horreur, la mort, la rage,
Ingrats ! venez voir votre ouvrage,
Venez jouir de mon malheur
[…]
Errant au milieu des ténèbres
Sur le bord des rocs menaçants,
Aux accens des oiseaux funèbres
Je joins mes lugubres accens.
Seul, isolé dans la nature,
Pleurant sur vos noirs attentats,
Je ne vois aux maux que j’endure
D’autre terme que le trépas
Perfide épouse ! ami parjure !
Je vous aimais si tendrement !
Puis-je avoir mérité l’injure
Qui fait ma honte et mon tourment ?
Couple abhorré ! Couple exécrable !
Vous fuyez en vain mon courroux :
Des dieux la foudre inévitable
Gronde, et va me venger de vous » etc.
Destiné à être chanté, le poème se compose de trois strophes de huit vers et d’un quatrain servant de refrain. Dans l’édition Didot des Essais en vers et en prose de 1895, une épigraphe de Rouget de Lisle (ne figurant pas sur le présent manuscrit) éclaire sur le contexte de cette tragédie : « un jeune officier, marié tout récemment à une femme qu’il adorait, avait amené chez lui un de ses camarades, son ami intime. Au bout de trois mois, obligé de s’absenter pour quelques jours, il trouve à son retour sa femme et son ami disparus, avec des preuves son équivoques de leur intelligence. On a su depuis qu’ils étaient passés en Italie, c’est ce malheureux époux qui parle. »
Provenance :
Piasa, 4 mai 2010, n°225
Bibliographie :
Le Magasin de musique, Constant Pierre, Librairie Fischbacher, Paris, 1895, p. 138 (n°16) ; Essais en vers et en prose par Rouget de Lisle, éd. Didot l’aîné, Paris, 1796, p. 21-23