CREVEL, René (1900-1935)

Deux lettres autographes signées « René Crevel » [à Christiane Loriot de la Salle]
[Paris] et Davos Platz, s.d., [c. 1932 / 1934], en tout 4 p. in-4°

« Dites à Bousquet à qui je fais une lettre que je lui écrirai bientôt, mais je suis, jusqu’au cou dans la correction des épreuves »

EUR 900,-
Fiche descriptive

CREVEL, René (1900-1935)

Deux lettres autographes signées « René Crevel » [à Christiane Loriot de la Salle]
[Paris] et Davos Platz, s.d., [c. 1932 / 1934], en tout 4 p. in-4°, à l’encre bleue
Marques de pliures d’époque, très légères brunissures, petites restaurations
Un trou dans le feuillet de la première lettre, Crevel ayant appuyé trop fort avec sa plume sur le papier, du reste il s’en excuse en post-scriptum.

Deux lettres de l’écrivain donnant de ses nouvelles littéraires et projets de voyages 


Logé chez André Breton au 42 rue Fontaine, Crevel écrit : « nous travaillons tous beaucoup. Il y a tant et tant à faire. On va bien. Il fait un vrai printemps, c’est à dire un incompréhensible été.
Si on aura le plaisir d’aller au midi ? Là c’est une autre histoire. Tant de nécessités nous obligent à ce Paris.
Dites à Bousquet à qui je fais une lettre que je lui écrirai bientôt, mais je suis, jusqu’au cou dans la correction des épreuves.
Cordialement
René Crevel
Vous voyez qu’on a de la vitalité, de l’énergie, assez pour crever son papier. »

Dans la seconde lettre, envoyée du sanatorium de Davos Platz en Suisse, il s’excuse de son silence prolongé auprès de sa correspondante : « Oui, vous avez raison, ce n’est pas chic ce silence, mais il y a eu Paris avec son cortège d’ennuis, puis 15 jours à Loèche-les-Bains, petit trou miche et maintenant voilà Davos avec une température de Sahara.
Je suis triste de savoir que ça ne va pas trop bien pour vous. Mais enfin, j’espère qu’à [sanatorium de] Sancellemoz vous serez bien soignée quoi que j’aie, quant à moi plus grand confiance dans les médecins suisses.
Le poète est à Paris, ce qui n’est pas trop bon pour lui, mais il est pauvre. 
J’ai vu Michel Simon à Paris, retour de Venise. Il avait l’air bien. 
Merci de vos nouvelles et à bientôt d’autres que j’espère meilleures, tout à fait bonnes.
Sincèrement, 
René Crevel
[Il rajoute :] et ça veut dire René Crevel »


Atteint de tuberculose depuis sa jeunesse et souffrant de troubles nerveux importants, Crevel effectue deux séjours au sanatorium de Davos Platz, respectivement en 1932 et 1934. À cette période, l’activité littéraire laisse peu de répit à Crevel. Après l’agitation parisienne, les longs mois passés en sanatorium lui sont pénibles, et l’hiver n’améliore en rien son moral. La Suisse lui déplaît, il s’en plaindra régulièrement auprès de ses correspondants.

On joint :
René Crevel
Les pieds dans le plat 
Éditions du Sagittaire, Paris, 1933, 12 x 19 cm
Édition originale en service de presse après 15 exemplaires sur Japon.
Reliure en demi-chagrin rouge, dos a cinq nerfs orné de fleurons doré
Couvertures conservées
Avec un long et bel envoi autographe de l’auteur, à pleine page sur le faux-titre, se prolongeant sur un feuillet monté sur onglet :
« Exemplaire de Mme Loriot de la Salle
à un livre je réponds par un livre et à votre gentille lettre je réponds par une visite la semaine prochaine avec le regret que ce livre ne soit pas rien que l’amour [allusion au roman de Loriot de la Salle, paru simultanément aux Cahiers de la quinzaine] et avec mes plus amicaux hommages et souvenirs pour vous et Madame votre mère
René Crevel »
Ex libris (Georges Auguste Dormeuil)
Manque angulaire sur le second feuillet de l’envoi, sans perte de texte
Papier uniformément jauni, agréable exemplaire.

Provenance :
Christiane Loriot de la Salle
Georges Auguste Dormeuil

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