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Lettre autographe signée « Alphonse D. » à Timoléon Ambroy
S.l., [après le 16 octobre 1868], 2 p. in-12°
« Ma première lettre du Moulin… était faite pour moitié sur des notes que vous m’aviez envoyées »
Lettre autographe signée « Alphonse D. » à Timoléon Ambroy
S.l., [après le 16 octobre 1868], 2 p. in-12° sur bifeuillet vergé
Trois mots caviardés et deux surcharges par Daudet
Rousseurs éparses, marques de pliures
Belle lettre, en partie inédite, sur les Lettres de mon moulin, apportant de précieuses informations sur la façon dont Daudet se documentait pour la rédaction de son recueil
« Pas de veine, mon ami Tim, ma première lettre du Moulin (2ème série) [La Diligence de Baucaire] était faite pour moitié sur des notes que vous m’aviez envoyées, il y a deux ans. En la faisant, je pensais à vous et à votre bon sourire quand vous la liriez. – Au diable les mangeurs de prêtres qui vous ont dégoûté du Figaro. Moi, je n’y suis qu’en passant, pour compléter le volume intitulé : ‘Mon Moulin’ [premier titre envisagé par Daudet] qui paraîtra fin janvier [1869] prochain : Je voudrais y faire le portrait d’un village de chez vous au complet [Le poète Mistral ?], à commencer par le maire, médecin esprit fort, garde champêtre, maître d’école. Envoyez moi quelques notes s’il vous plaît. Le curé des Baux dont vous m’aviez parlé. Votre Marion, ou bien l’autre, la maîtresse de poste… Enfin, voyez. Il y a quelque chose de fin et de gai à faire […] cela vous prendra une soirée. Allons, faites-le pour moi ; tout entre nous, bien entendu.
Ma femme me charge de vous embrasser tout bien fort, et je suis ravi de la commission.
Donc, un bon baiser pour toute la maisonnée.
Alphonse D.
Ceci ne compte pas pour une lettre, bien entendu. C’est écrit sur un genoux à la hâte […] »
Bien que rédigée « sur un genou à la hâte », cette lettre éclaire la manière dont Daudet appréhendait la rédaction des Lettres de mon moulin, qui doivent être envisagées dans le cadre de ses activités journalistiques. Par une écriture brève, aux effets concentrés et utilisant volontiers la première personne, l’écrivain mêle tantôt le réel à l’imaginaire, méthode que l’on retrouve chez ses contemporains comme Vallès ou Zola. Daudet s’inscrit ainsi dans la logique de la chronique, conçue pour instaurer un rapport plus intime entre le journal et son lecteur.
La « première lettre du Moulin » est ici une allusion à La Diligence de Baucaire, publiée le 16 octobre 1868 dans Le Figaro. Cette nouvelle, qui ne formait qu’un seul texte avec Installation, en fut détachée à compter de la première édition chez Hetzel, au début de l’année 1869. Installation introduisant le livre entier, La Diligence ouvre la série de Lettres à proprement parler.
Daudet et Timoléon Ambroy se connaissaient depuis le début des années 1860. Ce dernier, qui lui servait de rabatteur d’informations pour la rédaction de ses Lettres, fut dédicataire de En Camargue (subdivisée en cinq parties), l’avant-dernière nouvelle du recueil. Daudet séjourna à plusieurs reprises chez les Ambroy à Fontvieille lors de ses passages en Provence, où il venait écrire pour « se reprendre à la nature et se guérir de Paris et de ses fièvres ».
Provenance :
Coll. particulière
Bibliographie :
Lettres familiales, (dir. Lucien Daudet), Plon, 1944, p. 75-76, n° XXXIV (transcription largement fautive et incomplète)
Œuvres I, éd. Roger Ripoll, Pléiade, 1986, p. 1282 (transcription très succincte)