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Lettre autographe signée « GSand » [à Charles-Edmond Chojecki]
Nohant, 7 oct. 1873, 3 p. 1/2 in-8°
« La maison est donc toujours un bon refuge contre les peines du dehors »
Lettre autographe signée « GSand » [à Charles-Edmond Chojecki]
Nohant, 7 oct. 1873, 3 p. 1/2 in-8° à l’encre brune
En-tête gaufré à ses initiales
Ancienne et discrète trace d’onglet
Longue lettre à l’un de ses proches confidents sur la reprise théâtrale de Mauprat, un projet d’adaptation en pièce de son scandaleux roman La Quintinie, et la vie quotidienne à Nohant
« Cher ami, je ne vous ai pas répondu tout de suite. Rien ne pressait puisque je me rends à vos observations en ce qui concerne La Quintinie et que relativement à Mauprat, c’est une affaire que vous regardez comme sérieusement conclue. Je me porte enfin bien, et enfin je travaille ! Je me suis remise à mon roman [Ma sœur Jeanne] et je ne veux pas le lâcher qu’il ne soit fini. Alors je me remettrai aux feuilletons. Mais en attendant, il ne faut pas oublier votre promesse de venir nous voir ce mois-ci. En passant par Châteauroux, il faudra prendre Ferri à la gorge pour qu’il vous accompagne. Il faudra aussi amener Loulou et sa maman adoptive, si on peut l’y décider. – Tout va bien céans, les fillettes sont bien portantes, Lolo énorme et toujours bonne comme un gros mouton. Plauchut nous a quitté avec la famille Viardot qui nous a donné une quinzaine de délices musicales et amicales sans préjudices des danses effrénées de toute la jeunesse. La maison est donc toujours un bon refuge contre les peines du dehors qui ne sont pas minces. Moi je vois très en noir et crois au triomphe du cléricalisme en attendant celui du pétrole [allusion aux incendies de la Commune]. J’ai peur que les gens censés ne fassent pas leur devoir. Qu’en pensez-vous ? Venez bientôt nous le dire et apportez du manuscrit à nous lire. N’importe quoi de vous.
On vous attend et on vous embrasse en chœur.
GSand »
Critique à peine voilée du christianisme, Mademoiselle La Quintinie est publiée en 1863 chez Michel Lévy frères. L’ouvrage suscite l’ire de l’Église. Et pour cause, Sand accuse celle-ci de forcer à « croire au Diable et aux peines éternelles de l’Enfer » dans la préface du roman. Elle décide d’en faire une adaptation théâtrale du même nom en 1872, qui est soumise au théâtre de l’Odéon. Accueillie avec enthousiasme par la direction, la pièce est interdite par la censure pour anticléricalisme et n’est finalement jamais représentée du vivant de l’auteur.
George Sand entretient toute sa vie des liens étroits avec les réfugiés polono-lituaniens, persécutés par l’Empire russe durant la première moitié du XIXᵉ siècle. Journaliste d’abord établi en Pologne, Charles-Edmond Chojecki s’installe à Paris en 1844. Comptant parmi les journalistes les plus en vue de son temps, il collabore à la Revue indépendante, coéditée par George Sand, et préside le conseil d’administration du journal Le Temps. Il publie nombre de récits de la romancière en feuilletons dans les journaux dont il a la responsabilité. Leur correspondance, qui s’étend de 1855 à 1875, représente quelque 350 échanges.
Provenance :
Ancienne collection Gimpel
Puis collection particulière
Bibliographie :
Correspondance, t. XXIII, éd. G. Lubin, Garnier, n°16753