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Lettre autographe signée « Dr Freud » à un confrère psychanalyste
Vienne, 17 mars 1907, 3 p. in-8°, à l’encre bleue
« On ne peut pas compter sur la gratitude de ses patients en psychanalyse »
Lettre autographe signée « Dr Freud » à un confrère psychanalyste
Vienne, 17 mars 1907, 3 p. in-8°, à l’encre bleue
À son en-tête, parfait état de conservation
Freud évoque des problèmes avec un patient commun auprès d’un confrère psychanalyste
« J’ai dû attendre jusqu’à tard dimanche, car je n’avais tout simplement pas de temps et, de plus, j’étais malade et ne pouvais travailler qu’en prenant de l’aspirine » Se référant à une communication précédente, il s’excuse que « vous ayez été atteint par la flèche de mon ton désapprobateur ». Puis Freud donne son avis au sujet d’un patient qui lui a manifestement été adressé par son correspondant : « Le jeune homme s’est présenté à moi comme un idéaliste ayant besoin d’aide et de conseils dans des affaires très intimes. Mais je ne supporte pas les idéalistes qui cherchent à tirer avantage de la situation. Et je n’admettrai jamais que ce soit ma faute si vous avez été exploité. J’ai trop peu d’influence sur vos actes pour pouvoir corriger de nouvelles erreurs dans une éducation par ailleurs excellente. » En ce qui concerne les honoraires de la psychanalyse, « un tarif forfaitaire est absolument hors de question et une réduction serait criminelle dans ce cas. Vous n’avez pas encore appris que l’on ne peut pas compter sur la gratitude de ses patients en psychanalyse ; vous devez vous protéger. Ce fut une erreur, en réponse à sa question sur la durée [de l’analyse], non seulement de donner une durée précise, mais encore une durée très courte. Le type [le patient] est inutile. Laissez-le partir et je me rattraperai en vous trouvant un meilleur sujet. Mais surtout, je dois vous mettre en garde contre le fait de vous laisser entraîner dans de telles situations. Ce n’est ni le lieu ni le moment. Il ne cherche qu’à vous duper ; si vous avez déjà commencé, vous devez alors immédiatement refuser à ma demande. » Pour conclure, Freud donne un indice utile quant à l’identité du patient anonyme : « D’ailleurs, le fils du délégué et maire de Brünn a très probablement assez d’argent pour ses besoins idéalistes, et plus encore… » [Le maire de Brünn à cette date était August Ritter von Weiser].
En mars 1907, l’isolement de Freud cesse définitivement. Le groupe naissant de psychanalystes tente de créer une collection intitulée « Écrits de psychologie appliquée » aux éditions Deuticke. Freud, directeur de la publication, y publie Le Délire et les rêves dans la Gradiva de Wilhelm Jensen. La même année, il écrit Actes obsédants et exercices religieux, dans lequel il aborde le sujet de la religion : il y présume qu’il existe un rapport entre une névrose obsessionnelle et les exercices religieux. Freud s’adresse ici manifestement à membre de la Mittwochs Gesellschaft (Société psychologique du mercredi, devenue plus tard la Société psychanalytique de Vienne).
Provenance :
Coll. particulière