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Billet autographe à sa gouvernante Sophie Duvernoy
S.l.n.d., 1 p. petit in-8° oblongue à petits carreaux, à l’encre noire
« Un des sonorisateurs de Bobino vient déjeuner… »
Billet autographe à sa gouvernante Sophie Duvernoy
S.l.n.d., 1 p. petit in-8° oblongue à petits carreaux, à l’encre noire
Déjeuner avec un sonorisateur de l’équipe de Bobino
« Chère Sophie
Pierre un des sonorisateurs de Bobino vient déjeuner demain jeudi (une seule personne)
Amitiés »
Bobino fut la salle de prédilection de Georges Brassens : il y passera une quinzaine de fois entre 1953 et 1977, y fêtera ses 10 ans de carrière en 1962 et y tiendra résidence pendant cinq mois en 1976. Cette longue fidélité se traduit par des séries régulières de récitals, comme celles de 1964-1965 ou 1967, où il revient en tête d’affiche dans ce haut lieu du music-hall parisien . Sa dernière grande série à Bobino, d’octobre 1976 à mars 1977, constitue l’un de ses ultimes passages sur scène avant la fin de sa carrière.
Provenance : Succession Sophie Duvernoy (1930-2025)
Figure discrète mais essentielle de l’entourage de Georges Brassens, Sophie Duvernoy entre à son service en 1969, après avoir travaillé chez le dessinateur Raymond Peynet. Elle l’appelait « le bon maître », surnom que Georges Brassens lui avait lui-même suggéré, non sans malice, lors de leur rencontre. Originaire de Pologne et de neuf ans la cadette du chanteur, elle est recrutée presque fortuitement par ce dernier lorsque Peynet part s’installer dans le Sud. Brassens vit alors dans l’immeuble Le Méridien, rue Émile Dubois, aux côtés de voisins et amis tels que Jacques Brel. Dès lors, Sophie accompagne Brassens dans son installation rue Santos-Dumont et s’impose rapidement comme une présence stable dans un environnement marqué par les visites d’amis et du monde artistique. Se dessine ainsi une relation fondée sur la confiance et la complémentarité entre deux tempéraments réservés.
Au cœur de cet espace domestique devenu lieu de création, Sophie Duvernoy assume un rôle central, veillant à préserver les conditions nécessaires au travail du poète sétois. Gardienne du silence, responsable de l’intendance et des échanges avec l’extérieur, elle évolue au plus près du processus créatif de Brassens sans jamais en troubler l’équilibre. Sa proximité se manifeste également par une participation ponctuelle à son œuvre. En effet, elle prend part au chœur des copains (avec notamment Claudine Caillart, Fred Mella, Joël Favreau, Pierre Nicolas, André Tavernier…) dans deux chansons, Tempête dans un bénitier et Le Roi. Après la mort de son « bon maître », elle vit dans un appartement acquis par ce dernier et dont il lui avait garanti l’usage à vie, témoignant ainsi de la place singulière qu’elle occupa, à la fois dans son quotidien et à proximité immédiate de sa création artistique.