BLACAS, Duc de (1771-1839)

Lettre autographe signée “B
Prague, le 14 mars 1835, 4 pages in-8

“Quel évênement funeste que la mort de cet excellent Empereur”

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Fiche descriptive

BLACAS, Duc de (1771-1839)

Lettre autographe signée “B“, probablement au Baron de Fremilly
Prague, le 14 mars 1835, 4 pages in-8

Longue lettre historique du Duc de Blacas relatant en détails la mort de l’Empereur François 1er d’Autriche, survenue quelques jours plus tôt, et la situation politique en Europe


“Il y a bien longtemps, Monsieur le Baron, que je n’ai eu ni le plaisir de vous écrire, ni celui de recevoir de vos nouvelles; un voyage à Vienne et une multitude d’affaires au moment de mon retour ont été la cause de mon silence et je profite du premier instant dont je puis disposer pour le rompre.
Quel funeste évènement que la mot de cet excellent Empereur
[François 1er d’Autriche], tous ses sujets le pleurent comme un père, et tous les étrangers, comme le plus vertueux des hommes, comme le soutient des anciens principes monarchiques, et comme l’espoir de la tranquillité future de l’Europe. J’étais à Vienne pendant sa maladie, j’ai été témoin de tous les vœux de ses sujets pour la conservation de ses jours. Quand je suis parti il était mieux, ou était plus rassuré, et cependant il n’existait plus douze heures après mon départ. C’est un malheur irréparable malgré les heureux augures dans lesquels s’annonce le nouveau règne, tous les actes qui en émanent sont parfaits et tout semble promettre que rien ne changera sous aucun rapport.
Madame la Dauphine est parti d’ici il y a deux jours pour aller mêler ses larmes à celles de la famille impériale, elle l’avait désiré et elle y a été invitée par l’Impératrice
[Caroline-Auguste de Bavière].
L’empereur
[Ferdinand 1er] s’est empressé d’écrire au Roi [Louis-Antoine d’Artois, fils de Charles X] la lettre la plus amicale, voila où nous en sommes pour le moment.
Mr le Duc de Bordeaux
[Henri d’Artois, fils du Duc de Berry assassiné en 1820] a été assez souffrant pendant long-temps de douleurs rhumatismales il en est quitte, et en résultat il a beaucoup grandi, ainsi à quelque chose malun est bon. Le Roi se porte bien, quoi qu’il soit encore un peu enrhumé le reste de la famille Royale est à merveille.
On dit M.
[Hector] Lucchesi [second époux de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, veuve du duc de Berry] parti pour Vienne.
Mad. la Comtesse Lucchesi est toujours à Brandeis, elle vient assez souvent à Prague. Elle y voit ses enfants, mais personne autre de la famille Royale depuis plus de quatre mois, époque où elle devait partir, ce qu’elle a ensuite refusé, pour ne pas se soumettre aux désirs du Roi…. cette pauvre princesse a été bien mal conseillée.
Je ne vous parlerai ni de la France dont vous connaissez la singulière situation, ni de l’Angleterre, où l’aristocratie est aux prises avec le radicalisme, ni de l’Espagne dont mes dernières nouvelles sont celles que donnent les papiers publics, nous sommes toujours dans l’attente des évènements que recèle l’avenir, fasse le ciel qu’ils soyent moins malheureux que ce que nous déplorons.
Je sais que Mad. votre fille est à Fribourg et j’éspère que vous en avez de bonnes nouvelles.
Mad
[adame] de Blacas y retournera je crois, au mois de mai prochain.
Il me semble que M.
[Maximilian von] Wimpffen ne pense plus à vendre Brunsee et des habitants de la Styre que j’ai vu dernièrement à Vienne m’ont fait compliment de ce que je ne l’avais pas acheté en assurant que cette terre rendait bien peu de chose. Je crois cependant que M. de Konsty le sait bien mieux que les personnes qui en parlent. on m’avait fait offrir une terre de Wall auprès de Marbourg que l’on dit fort grande et on m’en offre plusieurs en Bohême que j’irai voir incessamment. Donnez loi, je vous prie, Monsieur le Baron, des nouvelles de votre santé et recevez l’assurance de mon bien sincère attachement. B.”


Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d’Aulps, comte, puis 1er duc de Blacas (1821), pair de France, 1er prince de Blacas (1837), né en 1771 et mort en 1839, est un homme politique et diplomate français. Fervent Royaliste, il suivit les Bourbons dans l’exil en 1830 lors de l’instauration de la Monarchie de Juillet. Avec d’autres légitimistes déterminés, il définit un programme politique dans l’optique d’une restauration de la branche aînée, l’édit de réforme du royaume.