MONTIJO, impératrice Eugénie de (1826-1920)

Lettre autographe signée « Eugénie » sur papier de deuil à Jane Thorne
Chislehurst, [9 février 1873], 4 p. in-8 sur bifeuillet, enveloppe jointe

« Je ne peux plus regarder en arrière, je n’ose regarder en avant, mon horizon se perd dans ce présent si douloureux »

EUR 3.500,-
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Fiche descriptive

MONTIJO, impératrice Eugénie de (1826-1920)

Lettre autographe signée « Eugénie » sur papier de deuil à Jane Thorne
Chislehurst, [9 février 1873], 4 p. in-8 sur bifeuillet de deuil, enveloppe autographe jointe
Quelques traces de trombone sans atteinte au texte

Exceptionnelle lettre de l’impératrice Eugénie, veuve depuis un mois, pleine de nostalgie et de désespoir. Elle y livre un message poignant sur la perte de l’empereur Napoléon III
L’impératrice ignore qu’au moment même où elle écrit ces lignes, sa chère Jane, destinataire de la lettre, est décédée deux jours auparavant


« Ma bien chère Jane, il y a juste un mois l’Empereur nous quittait pour toujours ici-bas, Dieu a délivré cette âme si cruellement éprouvée mais en partant il a délivré mon cœur. Cette maison déjà si triste est désolée car c’était pour le distraire que nous tachions de faire du bruit autour de lui, à présent tout est silence et deuil. Il n’a pas su que son fidèle Varaigne l’avait précédé de quelques jours, nous lui avons caché sa mort car je savais combien il avait de l’affection pour lui. Chaque jour effeuille un ami et le souvenir même des jours heureux se perd dans le deuil et le malheur. Je ne peux plus regarder en arrière, je n’ose regarder en avant, mon horizon se perd dans ce présent si douloureux. Mon cher fils [Le Prince Impérial] est bien malheureux aussi, tous deux vous serrons la main à vous et aux vôtres, Eugénie »


Le 9 janvier 1873, à 10h45, Napoléon III meurt à l’âge de soixante-quatre ans, dans sa résidence de Camden Place. Près de soixante mille personnes, dont un dixième de Français comprenant une délégation d’ouvriers conduite par Jules Amigues, viennent se recueillir devant le corps et participent à l’inhumation, le 15 janvier 1873, à Chislehurst. Par la suite, sa veuve, Eugénie de Montijo, lui fait construire un mausolée à l’abbaye Saint-Michel, qu’elle a fondée en 1881. A ce jour, le couple y repose aux côtés de leur fils unique, le prince impérial Louis-Napoléon, tué à l’âge de vingt-trois ans lors d’une patrouille lors la guerre anglo-zouloue.

Jane Thorne, baronne de Pierres (1821-1873), est une aristocrate, dame du palais de l’impératrice Eugénie de Montijo. Elles figurent ensemble, avec d’autres dames d’honneur, sur le célèbre tableau de Franz Xaver Winterhalter.