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Manuscrit autographe
S.l.n.d. [Mittau, c. 1802 ?], 2 p. 1/2 in-4°
« Le Concordat lui même n’est qu’effet et non cause du mal. La véritable cause est la Révolution, en secouant le joug de l’autorité légitime, on a violé la loi de Dieu »
Manuscrit autographe
S.l.n.d. [Mittau, c. 1802 ?], 2 p. 1/2 sur bifeuillet vergé in-4°
Filigrane : « D&CB Lauw »
Parfait état de conservation en dépit de quelques très faibles rousseurs
Ce manuscrit, aux marges vierges et dépourvu de toute rature, semble être une mise au propre
Nous restituons la syntaxe de Louis XVIII en l’état
Réflexions du futur Louis XVIII sur le Concordat, déplorant l’affaiblissement de l’Église de France après dix années de Révolution et la rupture entre le Trône et l’Autel
« Il y aura toujours un Etat, mille gouvernemens se succéderont, nés de la Révolution, ils en suivront nécessairement les maximes »
Un remarquable exercice critique de la politique religieuse de Napoléon-Bonaparte, alors Premier consul
« On ne peut rien ajouter au tableau que trace xx de l’état déplorable où la Religion est réduite et des dangers, plus grands encore, qu’elle court. On ne saurait nier non plus que le parti qu’il propose, ne soit selon la charité, mais est-il bien selon la science ? Suffit-il d’exposer les maux de l’Église et n’est-il pas nécessaire pour les guérir, de remonter à leur source ? Fode Parietem [Bible, 8:8, Dieu s’adresse au prophète et lui dit (en latin) Fili hominis, fode parietem. « Fils de l’homme, creuse le mur. »], disait le Seigneur au Prophète Ezechiel […]. Percez la muraille, découvrez l’ulcère, pénétrez jusqu’au fond de l’abyme, que mon peuple connoisse la cause de son mal, qu’il y renonce et qu’il guérisse ? Je ne pense pas pour cela qu’il faille rappeller les vérités dites avec tant d’énergie par le Clergé de France, ses lumineux écrits parleront assez dans tous les siècles, y revenir, ce seroit paroître se targuer de sa prévoyance. D’ailleurs au moins à l’extérieur, les choses sont changées, la constitution civile du clergé parait abolie, le schisme qu’elle avait enfanté, semble éteint. Mais l’une et l’autre sont remplacés par un mal d’autant plus grand qu’il est revêtu d’un manteau plus respectable. Du Concordat découle naturellement tous les malheurs actuels, pourquoi donc ne pas l’attaquer, n’en pas découvrir les vices ? Fode Parietem. Cela peut très bien se faire, sans blesser la charité à l’égard de ceux qui avec des intentions pures, se sont trompés au point de croire qu’ils pouvoient faire le bien, en prenant part au nouvel ordre des choses. Tous ne sont pas dans ce cas, plusieurs au contraire ont été guidés par l’ambition et l’intérêt, n’importe, je pense qu’il faut les regarder tous comme de bonne foi, parler à tous le même langage, chercher à les retirer tous du piège dans lequel ils sont tombés.
Mais faire voir les vices du Concordat, ne seroit encore rien, ce Concordat lui même n’est qu’effet et non cause du mal. La véritable cause est la Révolution, en secouant le joug de l’autorité légitime, on a violé la loi de Dieu même, point de retour sincère à la religion, point de sûreté pour l’Église si l’on ne rentre dans les voyes du devoir et de la justice. […]
Il y aura toujours un Etat, mille gouvernemens se succéderont, nés de la Révolution, ils en suivront nécessairement les maximes. Le Premier Consul [Napoléon-Bonaparte] veut fortement la Religion , écrivoit l’année dernière M. de Pancemont [Antoine Xavier Mayneaud de Pancemont, évêque de Vannes] à un évêque qu’il vouloit engager à donner sa démission, hé bien cet homme qui veut fortement la religion, fait marcher l’hérésie de pair avec elle, il établit le divorce et il ne peut faire autrement ; l’autorité qui ne devra rien à la philosophie moderne, pourra seule ne pas compter avec elle. Fode parietem.
Tel est mon avis, mais si dans le petit nombre des évêques qui n’ont pas donné leurs démissions, il n’y a pas unanimité sur ce point, plutôt le silence, une nouvelle division seroit le comble des malheurs. »
Après le coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte fait du règlement du conflit religieux une priorité dès son accession au pouvoir. Après avoir été profondément affectée par dix années de bouleversements révolutionnaires, la religion lui apparaît comme un facteur essentiel de l’ordre social. Tout en défendant la liberté des cultes, le Premier Consul s’appuie sur Talleyrand, alors ministre des Relations extérieures et ancien évêque constitutionnel, bien qu’excommunié par le pape. Celui-ci joue un rôle central dans les négociations diplomatiques visant à rétablir les relations entre la République, désormais stabilisée, et le Saint-Siège. Le traité est ratifié par le pape le 15 août 1801, par la bulle Ecclesia Christi. L’un des contenus essentiels de ce traité concerne les archevêques et évêques : ceux-ci sont désignés par l’État tout en recevant leur investiture canonique du pape. Le texte prévoit également qu’une nouvelle organisation territoriale des diocèses français soit établie conjointement par le Saint-Siège et le gouvernement. Par ailleurs, les édifices cultuels non aliénés sont mis à la disposition de l’autorité épiscopale. Cette disposition s’applique à environ 40 000 églises et chapelles paroissiales, 30 000 presbytères, ainsi qu’aux évêchés et établissements de formation religieuse, majeurs et mineurs.
Après la chute de Napoléon, le roi Louis XVIII répugne à admettre le concordat de « l’usurpateur ». De nouvelles négociations aboutissent à un texte signé en 1816 : plusieurs anciens archevêchés métropolitains sont rétablis, les « articles organiques » sont supprimés, évêchés, chapitres et cures sont pourvus d’une dotation
Provenance :
Coll. particulière