MALRAUX, André (1901-1976)

Lettre autographe signée « And. Malraux » à Ventura García Calderón
Marrakech, le 21 avril [1952], 2 pages in-8 en-tête imprimé de l’Hôtel de la Mamounia à Marrakech
Enveloppe autographe jointe

je pense depuis bien longtemps qu’en littérature toute attaque personnelle est vaine

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Fiche descriptive

MALRAUX, André (1901-1976)

Lettre autographe signée « And. Malraux » à Ventura García Calderón
Marrakech, le 21 avril [1952], 2 pages in-8 en-tête imprimé de l’Hôtel de la Mamounia à Marrakech
Enveloppe autographe jointe

Intéressante lettre de Malraux en réponse à une critique assassine dirigée contre « le monstre André Gide » par Ventura García Calderón


« Cher ami
Erreur et injustice : je ne vous ai pas laissé tomber, et vous ai même envoyé l’édition originale des « Voix du Silence », en même temps que je recevais de vous des plaquettes ;
[André] Salmon disait que les poètes s’envoyaient des livres entourés de faveurs pour se faire croire qu’ils échangeaient des cadeaux du jour de l’an. Et sur ce terrain j’ai sur vous l’avantage du poids (et celui des valeurs) !
Quant aux pages sur
[André] Gide, je pense depuis bien longtemps qu’en littérature toute attaque personnelle est vaine, pour des raisons que je vous donnerai quand nous nous rencontrerons. Mais je ne prétends pas imposer cette opinion… et suis très heureux, d’autre part, de ce que vous voulez faire pour Suarès ; je me bats (avec des édredons) depuis trois mois, pour qu’une rue de Paris porte enfin son nom.
Pour en finir avec Gide : je pense, de plus, que vous vous trompez. Et regrette d’être trop loin pour trouver dans le prétexte et l’espoir de vous en convaincre, l’occasion de vous retrouver, je vous croyais en Suisse, et supposais que le livre vous y arriverait.
Bien amicalement
And Malraux »


André Malraux évoque également l’envoi de son propre ouvrage Les Voix du silence, et son combat pour faire donner à une rue de Paris le nom d’André Suarès (ce qui sera fait en 1992)

Ventura García Calderón évoquait à propos de Gide :
«L’atroce bonhomme ! Dénué du génie de Dostoievski ou de Nietzsche, qu’il s’évertue a singer, il voudrait, petit bourgeois de France, reproduire l’angoisse congénitale de ces deux grands malades dont l’influence sur le xix siècle fut déterminante. – Ah ! Que n’a-t-il inventé, lui aussi, un mal du siècle ! Avare, mesquin, jaloux de toute gloire d’autrui, pédéraste par goût mais surtout par ostentation, il n’est pas fâché qu’on le trouve à la sortie des urinoirs en train de guetter les jeunes voyous. Il a inventé le tirage restreint sur papier de luxe pour y conter ses molles turpitudes et exciter si possible le grand public… »