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Œuvre originale signée « F. Rops » : Les Jeunes [France par Th. Gautier]
S.l., [1866], sur feuillet vélin, 18,5 x 13 cm (TC 15 x 10 cm), graphite et plume
Étude préparatoire du légendaire frontispice des Jeunes France
Œuvre originale : Les Jeunes [France par Th. Gautier]
Signé du monogramme à l’encre dans le coin inférieur droit et signé au crayon sous le champ
S.l., [1866], sur un feuillet vélin, 18,5 x 13 cm (TC 15 x 10 cm), graphite et plume
Sous verre musée 92, Marie-Louise noire, cadre en hêtre teinté à l’encre de Chine (33 x 27 cm)
Très discrète perforation au centre, anciennes traces d’onglet et de montage
Seule étude préparatoire connue en mains privées de l’un des plus célèbres frontispices du XIXe siècle
Des anciennes collections Maurice Pereire, Jacques Odry et Carlo De Poortere
Cette étude préparatoire de Rops, déjà très aboutie, servit à l’eau-forte du frontispice de la troisième édition des Jeunes France, romans goguenards de Théophile Gautier. L’ouvrage paraît à Amsterdam, à l’enseigne du Coq [Bruxelles, Poulet-Malassis], en 1866.
La première édition voit le jour en 1833, peu après que Gautier s’est rattaché au mouvement romantique. L’écrivain publie son ouvrage qu’il qualifie de « Précieuses ridicules du romantisme », prenant ses distances avec le mouvement et raillant par la même occasion les manies de ses contemporains. Gautier se moque des fidèles du Cénacle réunis dans l’impasse du Doyenné, un phalanstère théâtre des excentricités les plus extrêmes, où le Romantisme se confond avec le macabre.
Dans le prolongement du pamphlet antiromantique de l’écrivain, Rops s’en donne à cœur joie et restitue ici une atmosphère orgiaque, mêlant violence, lubricité et musique, avec pour épicentre une femme à demi-nue, allongée sur le ventre, le postérieur dévoilé par un Dumas père à l’allure encore svelte. Dans une lettre à Maurice Bonvoisin du 4 avril 1877, Rops donne quelques éclaircissements sur sa composition : « Alexandre Dumas jeune découvre la muse qu’Alfred de Musset regarde de trop près. Balzac en robe de moine, Georges [sic] Sand ‘en homme’, Madame de Girardin, Théophile Gautier en Turc, Sainte-Beuve, Lamartine etc. etc. Toute l’École romantique font galerie, dans le fond Hugo ‘golgothe’, tous ces personnages sont ‘jeunes’, à l’avant-plan Ponsard en romain est étranglé par un Pétrus Borel quelconque. Le dernier venu Baudelaire en bourrelet apporte ses fleurs du mal. » (site des lettres du musée Rops, n°3094, pl. 49).
On recense deux autres études préparatoires de l’artiste, toutes deux conservées au MET sous les cotes 1979.668.2 et 1979.668.3 (dons Albert Broccoli, 1979).
Provenance :
Maurice Pereire (L.3509) ; Jacques Odry (L.3486) ; Carlo De Poortere (Lugt L.3467) puis coll. particulière
Référence :
Catalogue raisonné des eaux fortes (t. III) par Eugène Rouir, 1992, n°711.5