[ZOLA] CÉLINE, Louis-Ferdinand (1894-1961)

Tirage argentique d’époque
[Médan, 1er oct. 1933], 12,1 x 17 cm

Fameux cliché de Céline prononçant son discours en hommage à Zola

EUR 2.000,-
Fiche descriptive

[ZOLA] CÉLINE, Louis-Ferdinand (1894-1961)

Tirage argentique d’époque
[Médan, 1er oct. 1933], 12,1 x 17 cm
Tampon du studio Meurisse au dos, beaux contrastes

Fameux cliché de Céline prononçant son discours en hommage à Zola


Devant un public que l’on devine nombreux, Céline est accoudé à la porte d’entrée du perron de la maison de Zola à Médan. Face à lui se tient l’allée des tilleuls, jadis plantée par l’écrivain naturaliste. Ce discours prononcé par Céline apparaît comme l’un des moments les plus marquants de cette cérémonie commémorative organisée chaque année depuis 1903.

Le discours de la rupture :
Lucien Descaves sollicite son ami Céline à l’été 1933 en vue d’un discours de ce dernier en hommage à Zola, au pèlerinage annuel de Médan. Céline ne manifeste pas une grande admiration pour l’écrivain naturaliste et c’est par amitié pour Descaves qu’il accepte. C’est donc devant un public composé du tout Paris littéraire et autres notables que l’écrivain prend la parole, le 1er octobre 1933. Alors que les discours prononcés jusqu’alors restent dans le registre attendu de l’hommage, l’intervention de Céline tranche radicalement et provoque le scandale. L’assistance ignore tout du contenu de son allocution. L’écrivain, maîtrisant déjà parfaitement la mise en scène de son personnage public, choisit le contre-pied et donne la parole à Ferdinand Bardamu, le héros du Voyage. Il le laisse d’ailleurs sous-entendre à demi-mot : « Juste cieux je n’aime pas du tout Zola, alors je parlerai de moi-même ». Céline livre à travers Bardamu une vision sombre et profondément critique de la société française contemporaine. Si l’allocution commence par un authentique hommage au père des Rougon-Macquart, elle laisse rapidement transparaître toute la désillusion caractéristique de l’univers célinien. L’écrivain marque une césure définitive avec le naturalisme zolien, la Grande Guerre ayant discrédité les espoirs modernistes fondés sur le progrès scientifique et l’avènement d’une société plus juste. Céline enterre l’héritage naturaliste porté par Zola.

Iconographie :
Album Céline, éd. Frédéric Vitoux, Pléiade, 2023, p. 119

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