BRASSENS, Georges (1921-1981)

Manuscrit autographe signé « GB » pour Tempête dans un bénitier
S.l.n.d. [c. 1976], 1 p. grand in-4° au feutre noir

« O très sainte Marie merde / Dieu dites à ces putains / de moines qu’ils nous emmerdent… »

EUR 12.000,-
Fiche descriptive

BRASSENS, Georges (1921-1981)

Manuscrit autographe signé « GB » pour Tempête dans un bénitier
S.l.n.d. [1976], 1 p. grand in-4° au feutre noir
Deux mots caviardés par Brassens « A Sète », un mot interligné de sa main au feutre fin
Trois mots passés au Stabilo Boss, une annotation typographique au stylo rouge

Tempête dans un bénitier : Célèbre refrain de l’un de ses titres les plus fameux, qui fit scandale lors de sa sortie 


« Ils ne sav’ pas ce qu’ils perdent
Tous ces fichus calottins
Sans le latin sans le latin 
La messe nous emmerde 
Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin 
Sans le latin sans le latin 
Et ses vertus faiblissent
À Lourdes Sète ou bien Parme 
Comm à Quimper Corentin 
Le presbyter sans le latin 
A perdu de son charme 
O très sainte marie merde
Dieu dites à ces putains 
De moines qu’ils nous emmerdent 
Sans le latin 

Orthographe phonétique à l’usage des Polonais
GB »


Troisième titre de son album Trompe-la-mort, gravé en 1976, « Tempête dans un bénitier » s’inscrit dans le contexte du deuxième Concile du Vatican (1962-65), réuni à l’initiative du Pape Jean XXIII, et dont elle constitue une satire mordante. À travers une apparente défense du latin liturgique, l’auteur adopte une posture ironique visant à tourner en dérision à la fois les réformes ecclésiastiques et leurs opposants conservateurs. Le titre lui-même détourne l’expression « tempête dans un verre d’eau », suggérant le caractère exagéré des polémiques suscitées.

Rappelons que Sophie Duvernoy fut l’une des choristes pour cette chanson. L’amusante dédicace en pied de page à sa gouvernante ne laisse guère de doute quant à l’usage même de ce manuscrit, qui vraisemblablement lui servit pour chanter, le texte en main, lors de l’enregistrement studio.
Brassens a par ailleurs abrégé le verbe « savent pas » sur le premier vers, devenu « sav’ pas », peut-être pour insister sur le caractère bref de ce passage dans sa formulation chantée. Ultime provocation, Brassens joue sur les sonorités dans les vers « O très sainte marie merde / Dieu dites à ces putains…» , transformant le « mère de » figurant dans le texte original, en « merde ».

Un manuscrit de la chanson est conservé à l’Espace Georges Brassens de Sète (inv. M025)

Provenance : Succession Sophie Duvernoy (1930-2025)
Figure discrète mais essentielle de l’entourage de Georges Brassens, Sophie Duvernoy entre à son service en 1969, après avoir travaillé chez le dessinateur Raymond Peynet. Elle l’appelait « le bon maître », surnom que Georges Brassens lui avait lui-même suggéré, non sans malice, lors de leur rencontre. Originaire de Pologne et de neuf ans la cadette du chanteur, elle est recrutée presque fortuitement par ce dernier lorsque Peynet part s’installer dans le Sud. Brassens vit alors dans l’immeuble Le Méridien, rue Émile Dubois, aux côtés de voisins et amis tels que Jacques Brel. Dès lors, Sophie accompagne Brassens dans son installation rue Santos-Dumont et s’impose rapidement comme une présence stable dans un environnement marqué par les visites d’amis et du monde artistique. Se dessine ainsi une relation fondée sur la confiance et la complémentarité entre deux tempéraments réservés.
Au cœur de cet espace domestique devenu lieu de création, Sophie Duvernoy assume un rôle central, veillant à préserver les conditions nécessaires au travail du poète sétois. Gardienne du silence, responsable de l’intendance et des échanges avec l’extérieur, elle évolue au plus près du processus créatif de Brassens sans jamais en troubler l’équilibre. Sa proximité se manifeste également par une participation ponctuelle à son œuvre. En effet, elle prend part au chœur des copains (avec notamment Claudine Caillart, Fred Mella, Joël Favreau, Pierre Nicolas, André Tavernier…) dans deux chansons, Tempête dans un bénitier et Le Roi. Après la mort de son « bon maître », elle vit dans un appartement acquis par ce dernier et dont il lui avait garanti l’usage à vie, témoignant ainsi de la place singulière qu’elle occupa, à la fois dans son quotidien et à proximité immédiate de sa création artistique.

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