[BAUDELAIRE] CARJAT, Étienne (1828-1906)

Tirage albuminé d’époque
[Paris, entre fin 1861 et début 1862]. Timbre humide « Et. Carjat »

Le chef-d’œuvre d’Étienne Carjat, seul tirage d’époque connu

EUR 90.000,-
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Fiche descriptive

[BAUDELAIRE] CARJAT, Étienne (1828-1906)

Tirage albuminé d’époque
[Paris, entre fin 1861 et début 1862]. Timbre humide « Et. Carjat »
(25,1 x 18,5 cm) Contrecollé sur carton avec timbre sec du photographe (31,8 x 24,9)
Angles du montage découpés, quelques taches, pupilles retouchées, annotations au stylo bille au verso

Le chef-d’œuvre d’Étienne Carjat, seul tirage d’époque connu


Ami du poète, le photographe est aussi caricaturiste et directeur de périodiques. Il accueille de Baudelaire des textes dans son hebdomadaire Le Boulevard. Surtout, il laisse de lui de magnifiques portraits photographiques, pris au cours de trois séances, à la fin de 1861 ou au début de 1862, en 1863 et en 1866. Lors de la première séance, Étienne Carjat prend trois clichés différents, où Charles Baudelaire apparaît dans trois poses successives : debout, assis, et, comme ici, en buste — le plus intense avec son cadrage rapproché dramatique. Ces portraits font l’objet d’une annonce publicitaire de mise en vente publiée dans Le Boulevard du 12 janvier 1862.

A ne pas confondre avec la photoglyptie publiée postérieurement dans la série Galerie contemporaine, ce tirage d’époque (du vivant de Baudelaire), infiniment plus rare, est probablement le seul encore conservé.

Le timbre à l’adresse de la rue Laffitte permet de situer ce tirage entre le moment où est pris le cliché et celui où Étienne Carjat déménage rue Pigalle, en 1866. Il installe en effet son premier studio au n° 56, rue Laffitte, à Paris, en 1861, mais, faisant face à des ennuis d’argent et à des disputes avec ses associés Georges-Mathurin Legé et Sosthène Bergeron-Danguy, il est contraint de leur vendre en 1866 son atelier et son fonds. Legé et Bergeron utilisent alors un timbre sec conservant le nom de Carjat mais avec le leur ajouté.

Ce portrait est devenu le plus célèbre du poète

« C’est une grande épreuve qui n’a rien à envier aux portraits de Nadar, ni l’extraordinaire assise de la figure, ni le clair-obscur dramatique qui creuse les traits, donnant au regard une intensité presque insoutenable tant elle est douloureuse » (Cat. Nadar, 1994, p. 84)
Baudelaire a beau fortement désapprouver la photographie, ses carnets rapportent de fréquentes visites chez Carjat. Baudelaire en dit : « Cela [le portait] n’est pas parfait, parce que cette perfection est impossible, mais j’ai rarement vu quelque chose d’aussi bien » (cité d’après cat. Carjat, 1983, p. 22)

Le précieux exemplaire de la mère de Charles Baudelaire
Caroline Dufaÿs puis Baudelaire puis Aupick (1794-1871), avec qui le poète entretint des relations souvent houleuses mais passionnelles et en tout cas étroites.

Provenance :
Félicité Baudelaire, née Ducessois (1812-1902), veuve du demi-frère de Charles Baudelaire, Alphonse (1805-1862). Charles Baudelaire, qui la critiqua sur le tard, fit mine de la courtiser dans ses jeunes années pour agacer Alphonse, et lui marqua ensuite longtemps de la sympathie. Elle reçut une partie des biens de Caroline Aupick en 1871, et les souvenirs baudelairiens qui s’y trouvaient passèrent ensuite entre les mains des enfants de son frère Félix Ducessois (1826-1897) — Félicité n’ayant pas eu d’enfant. Puis Henri et Louise Ducessois (neveux de Félicité), puis Geneviève et Raffael Ducessois.