BERLIOZ, Hector (1803-1869)

Lettre autographe signée « Hector Berlioz » à Camille Pal
S.l, le 13 juillet 1860, 2 p. 1/2 in-8

« Si dieu nous prête encore quelques mois de vie, nous mettrons a flot ce grand navire »

EUR 2.300,-
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Fiche descriptive

BERLIOZ, Hector (1803-1869)

Lettre autographe signée « Hector Berlioz » au beau-frère du compositeur, Camille Pal
S.l, le 13 juillet 1860, 2 p. 1/2 in-8
Quelques trous d’épingles sans atteinte au texte, traces de pliures d’époque

Belle lettre de Berlioz sur les préparatifs des Troyens


« Mon cher Camille
J’ai reçu les cinq cents francs que vous m’envoyez de la part de mon fermier du Jacques. Merci de votre constante exactitude. Voilà mes nouvelles : Louis vient de subir avec succès ses examens, il est reçu Capitaine au long cours. Il cherche maintenant un navire qu’il trouvera sans doute à Marseille.
Je souffre de jour en jour davantage de ma névralgie, il y a des heures de douleurs à peu près intolérables. Combien cela va-t-il durer encore ? En tout cas, j’ai mis toutes mes affaires musicales et autres dans un ordre parfait. Je vais encore à Bade pour y diriger le festival ; et je prendrai les eaux de Luxeuil auparavant.
Pour les Troyens, ils attendent que leur salle soit construite ; on y travaille sur la place du Chatelet. Ce théâtre sera achevé dans un an. On commencera les études de ma partition au mois de Janvier prochain, on les suspendra au mois de mai pour les reprendre et les terminer au commencement de la saison suivante du Th. Lyrique c’est-à-dire de septembre à novembre 1861. Et si dieu nous prête encore quelques mois de vie, nous mettrons à flot ce grand navire.
Adieu mon cher Camille
Mille amitiés dévouées. L’heureux résultat des études de Louis m’ôte un grave sujet d’inquiétudes.
J’en ai assez d’autres.
Tout à vous
Hector Berlioz »


Sommet du répertoire lyrique, l’opéra en cinq actes Les Troyens est la plus vaste et ambitieuse de toutes les créations d’Hector Berlioz. Aboutissement de ses capacités créatrices, elle est la convergence de toutes les principales influences, d’ordre littéraire et musical, qui ont formé sa personnalité artistique. De tous ses grands ouvrages c’est aussi celui qui prit le plus longtemps à mûrir.
Inspiré de L‘Énéide de Virgile, Les Troyens est donné pour la première fois, mutilé de nombreuses manières — les deux premiers actes supprimés, divers morceaux également coupés, le tout étant présenté sous le titre Les Troyens à Carthage — le 4 novembre 1863 au Théâtre lyrique à Paris (actuel Théâtre de la Ville place du Châtelet). La première intégrale des Troyens en une seule soirée n’a eu lieu que le 6 février 1920, au Théâtre des Arts de Rouen.

Né en 1834, Louis Berlioz accomplit une carrière de marin : novice à seize ans sur un trois-mâts, il passe dans la Marine nationale, puis aux Messageries maritimes et à la Compagnie générale transatlantique. A trente ans, il devient un grand capitaine. Sa mort prématurée à La Havane en 1867 de la fièvre jaune interrompt une carrière qui était devenue brillante ; être le fils d’un grand compositeur comme Hector Berlioz n’est pas facile. Louis a souffert de la séparation de ses parents, de l’absence de son père et de l’âpreté de sa carrière.