COLETTE, Sidonie Gabrielle (1873-1954)

Lettre autographe signée « Colette Willy » à Albert Michel
[Saint-Quentin, c. 15 mai 1909 ?], 4 p ? in-12° à l’encre noire, sur papier vert pâle

« Missy ne peut pas quitter sa maison pleine d’amis »

EUR 600 ,-
Fiche descriptive

COLETTE, Sidonie Gabrielle (1873-1954)

Lettre autographe signée « Colette Willy » à Albert Michel
[Saint-Quentin, c. 15 mai 1909 ?], 4 p ? in-12° à l’encre noire, sur papier vert pâle
Annotation autographe de Willy Michel en marge inférieure de la quatrième page

Belle lettre écrite lors de la tournée Baret, au printemps 1909


« Cher ami, je vous ai envoyé une carte postale hier. Je ne sais pas encore la date de mon arrivée, mais je vous préviens lâchement que j’arriverai le plus tard possible – et seule, malheureusement. Missy ne peut pas quitter sa maison pleine d’amis.
D’ailleurs, Vouthier et Verneuil, qui ont joué Claudine (et très bien) à Lyon, donneront à leurs camarades des indications très utiles.
[…] Quel temps admirable ! Que n’êtes-vous ici pour monter, alternativement (ou simultanément) les deux chevaux ! Demain grande pêche au poisson plat et au lançon, à la pointe de St Quentin. […]
Vous me trouverez bien une chambre dans un hôtel où je puisse me baigner n’est-ce pas ? S’il y a de quoi se tremper dans le vôtre j’y voudrais une bonne chambre, grande et claire. Ce n’est pas loin du théâtre ?
Je vous embête, mon petit Michel-Valentin, mais vous y mettez tant de bonne grâce
. […]
Missy et moi vous envoyons mille amitiés
Colette Willy »


Colette avait été engagée par l’impresario Charles Baret pour une tournée d’un mois, au cours de laquelle elle joua Claudine à Paris.

Mathilde de Morny rencontre Colette en 1905 au Cercle des arts de la mode, milieu mondain réunissant artistes, journalistes et aristocrates, où Colette est introduite par son mari Willy. Leur relation se développe à partir de 1906 lors de séjours communs au Crotoy, dans un contexte de collaboration artistique et d’émancipation personnelle. Elle devient publique en 1907 avec la participation de Missy à la pantomime Rêve d’Égypte au Moulin Rouge, événement qui provoque un scandale retentissant.
Missy inspire à Colette le personnage de la « Chevalière » dans Le Pur et l’Impur, publié en 1932, figure qu’elle n’apprécie guère. Colette dira d’elle : « La Chevalière », qui, « en sombre ajustement masculin, démentait toute idée de gaieté et de bravade… Venue de haut, elle s’encanaillait comme un prince ».

Les lettres de Colette évoquant Missy sont peu courantes.

Provenance :
Willy Michel, puis bibliothèque Jean Jacobs

Lettre inédite

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