[DELACROIX] SAND, George (1804-1876)

Lettre autographe signée « G. Sand » à Eugène Delacroix
S.l.n.d., [Paris, 4 avr. 1862], 1 p. in-8° sur bifeuillet, à l’encre bleue

« J’ai été voir votre chapelle à St Sulpice. C’est splendide. Je vous admire plus que jamais et je vous aime comme toujours »

EUR 5.500,-
Fiche descriptive

[DELACROIX] SAND, George (1804-1876)

Lettre autographe signée « G. Sand » à Eugène Delacroix
S.l.n.d., [Paris, 4 avr. 1862], 1 p. in-8° sur bifeuillet gaufrée à ses initiales, à l’encre bleue
Ancienne marque d’onglet sur la quatrième page, annotations d’une autre main à la mine de plomb

Merveilleuse déclaration à son ami Delacroix pour ses travaux à l’église Saint-Sulpice, véritable testament spirituel du peintre


« J’ai été voir votre chapelle à S[ain]t Sulpice. C’est splendide. Je vous admire plus que jamais et je vous aime comme toujours. Je ne partirai pas sans aller vous voler encore un quart d’heure et vous embrasser avec Maurice que j’attends.
G. Sand
Manceau
[dernier amant de Sand] veut que je vous dise qu’il est transporté. Voilà de grands mots et qui pourtant n’ont rien de trop. Les amateurs peuvent dire ceci et cela, moi je n’ai rien à dire et ceux qui sentent l’art se sentent avec vous dans une région de vie, de grandeur, de puissance et de magnificence où la critique n’a pas le droit de pénétrer. »


En 1849, Delacroix reçoit la commande de trois fresques destinées à la chapelle des Saints-Anges de l’église Saint-Sulpice à Paris, entreprise qu’il mènera à son terme en 1861. Ces œuvres : Le Combat de Jacob et de l’Ange et Héliodore chassé du temple, complétées par la composition du plafond Saint Michel terrassant le Dragon, sont généralement considérées comme le testament spirituel du peintre. Pour les réaliser, Delacroix quitte son atelier de la rue Notre-Dame de Lorette, jugée trop éloigné, pour s’installer au 6 rue Furstemberg. Malade, il est épuisé par le travail dans le froid et des conditions difficiles. À l’inauguration des fresques, aucun officiel ne sera présent. On sait que George Sand s’y rend par deux fois, les 26 mars et 9 avril 1862, lors de son séjour parisien du printemps. Dans la Revue fantaisiste du 15 septembre 1861 [L’Art romantique, Lévy frères, 1868], Baudelaire consacre à la décoration de cette chapelle un article des plus laudatifs (Œuvres complètes II, éd. Claude Pichois, Pléiade, 1976, p. 729-731).
On connaît la chaleureuse réponse du peintre à son amie : « Je vous remercie du bon mouvement qui vous a porté à me dire ce que vous pensiez de cette grosse besogne qui m’a tant occupé. […] Avec ces remerciements de cœur que j’adresse à M. Manceau pour sa flatteuse hyperbole […] Je n’ai plus de place que pour vous dire que je vous aimerai toujours. » (Correspondance, t. IV, éd. André Joubin, Plon, 1935, p. 260)

Cette lettre constitue l’une des dernières déclarations d’affection adressées à son ami Delacroix, amitié qui trouve ses racines trente ans plus tôt, quand le peintre réalise le portrait de la romancière, laquelle s’était alors coupé les cheveux très courts à la suite de sa rupture avec Musset.

Delacroix meurt l’année suivante, le 13 août 1863.

Provenance :
Coll. Marc Loliée, puis coll. particulière

Bibliographie :
Correspondance, t. XVII, éd. G. Lubin, Garnier, 1983, n°9483

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