FLAUBERT, Gustave (1821-1880)

Lettre autographe signée « Gve Flaubert » à Paul Meurice
[Paris, fin avril 1857], 1 page in-8 sur bifeuillet bleu vergé, à l’encre noire

« Un roman que je vous prie de faire parvenir à Mr Hugo »

EUR 19.000,-
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Fiche descriptive

FLAUBERT, Gustave (1821-1880)

Lettre autographe signée « Gve Flaubert » à Paul Meurice
[Paris, fin avril 1857], 1 page in-8 sur bifeuillet bleu vergé, à l’encre noire
Traces de pliures d’époque

La lettre de Gustave Flaubert accompagnant le célèbre volume de Madame Bovary, envoyé et dédicacé à Victor Hugo


« Monsieur, Quoique je n’aie pas l’honneur de vous connaitre personnellement je prends la liberté de vous remettre l’exemplaire d’un roman [Madame Bovary] que je vous prie de faire parvenir à Mr Hugo. Soyez assez bon, aussi, pour en accepter un autre ci-joint et daignez agréer l’hommage de toute ma considération. Gve Flaubert »


Dans cette lettre, Gustave Flaubert prie Paul Meurice de transmettre à Victor Hugo – alors en exil à Guernesey – un exemplaire de son chef-d’œuvre Madame Bovary, l’un des rares exemplaires tirés sur papier vélin fort, seul tirage de luxe après la publication du roman chez Michel Lévy.

Paul Meurice (1818-1905), romancier et auteur dramatique, et Auguste Vacquerie (1819-1885), écrivain et journaliste, sont les plus fidèles disciples de Victor Hugo. En 1848, Hugo fait du premier le rédacteur en chef du journal L’Évènement, qu’il vient de fonder, et qui lui vaut la prison en 1851. Pendant les vingt années d’exil de Victor Hugo, Paul Meurice est à la charge des intérêts financiers et littéraires de l’écrivain banni.

Flaubert et Hugo se rencontrent pour la première fois en 1843. Le père d’Esmeralda marque profondément la jeunesse du futur père d’Emma. Flaubert se fait de plus en plus critique avec le temps, mais non sans garder une certaine admiration pour Hugo, comme en témoignent les nombreuses correspondances avec ses proches.

Hugo a déjà écrit à Flaubert quelques jours avant la rédaction de cette lettre, le 12 avril 1857, en référence au procès de Madame Bovary :
« Vous êtes un de ces hauts sommets que tous les coups frappent, mais qu’aucun n’abat. Mon cœur est profondément avec vous. Victor Hugo »

Dans une lettre adressée à Ernest Feydau, le 5 août 1857, Flaubert tient à s’assurer que son volume est bien arrivé à destination :
« Quand tu verras Paul Meurice, demande-lui s’il a envoyé mon volume au père Hugo » 

Le 30 août 1857, Hugo répond à Flaubert:
« Vous avez fait un beau livre, monsieur, et je suis heureux de vous le dire. Il y a entre vous et moi une sorte de lien qui m’attache à vos succès »

De cette lettre accompagnant l’envoi de l’un des plus grands romans du XIXe siècle, rien ne pouvait être ni plus simple ni plus prestigieux

Provenance :
– Paul Meurice
– Famille Clemenceau-Meurice par descendance
– Annette Langlois-Berthelot (née Clemenceau) par descendance

Référence :
Corr. Pléiade vol. 2 p. 708