GENET, Jean (1910-1986)

Fragment de poème autographe
S.l.n.d [Paris, prison de la Santé – 1943], 1/4 p. in4°

« Ma caille emmitouflée, écrasée sous mes doigts »

EUR 3.200,-
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Fiche descriptive

GENET, Jean (1910-1986)

Fragment de poème autographe
S.l.n.d [Paris, prison de la Santé – 1943], 1/4 p. in4°
Marge gauche légèrement effrangée

Précieux fragment de poème de prison rattaché à « La Parade », de premier jet et inédit dans sa version manuscrite


Canaille oserez-vous me mordre une autre fois ?
Retenez que je suis le page du Monarque.
Vous roulez sous la main comme un flot sous ma barque.
Votre houle me gonfle, ô ma caille des bois.

ma caille emmitouflée et morte écrasée sous mes doigts.


L’œuvre versifiée de Genet se traduit par six longues pièces rassemblées dans un recueil de 1948 sobrement intitulé Poèmes.

De très loin le plus composite des poèmes publiés dans le volume, et le dernier qui convoque l’univers carcéral, « La Parade » (dont le titre est aussi celui d’une des plus énigmatiques Illuminations de Rimbaud) est composé de huit pièces partiellement autonomes, qui furent sans doute presque toutes écrites en 1943.

Ce fragment est composé d’un quatrain à rimes embrassées et d’un monostique. On note immédiatement la présence d’une ponctuation, presque entièrement absente (seuls deux virgules et un point final subsistent) dans le recueil paru en 1948 et repris tel quel dans l’édition de la Pléiade, ainsi qu’une variante : « et morte » devient « écrasée ».
On remarque enfin que la césure à l’hémistiche dans le monostique ne fait pas apparaître de virgule, à l’inverse de la version publiée.

Référence :
Jean Genet, Romans et poèmes, éd. Emmanuelle Lambert et Gilles Philippe, Pléiade, p. 1068