[HUGO] Juliette DROUET (1806-1883)

Lettre autographe signée « Juliette » à Victor Hugo
S.l, 12 février 1849, 4 pp. in-8°

« J’aime le genre violent et expéditif »

EUR 3.800,-
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Fiche descriptive

[HUGO] Juliette DROUET (1806-1883)

Lettre autographe signée « Juliette » à Victor Hugo
S.l, 12 février 1849, 4 pp. in-8°
Emboîtage sur-mesure en demi maroquin bleu, lettres dorées
Cachet de collection sur le premier feuillet, rajout de la date d’une autre main au crayon

Lettre d’amour enflammée à Victor Hugo et aux nombreuses allusions érotiques


« Bonjour, mon doux petit homme, bonjour, bonjour avec le soleil et l’amour, bonjour.
Il est probable que vous êtes encore enfoui dans vos draps et sous vos couvertures mais je saurai bien vous trouver si vous voulez me laisser attenter à votre pudeur de représentant et d’ex pair de France. J’ai été étonnée hier de la facilité avec laquelle vous avez consenti à sacrifier votre soirée pour une gueulardise au risque de vous ennuier comme un spectateur de l’ile de tohu-bohu. Ceci m’a prouvé que vous vous apparteniez un peu plus que je ne croyais et qu’il suffisait seulement de vous payer de la viande pour avoir vos faveurs qu’à cela ne tienne je vous en fournirai de la viande et des chaires fraiches même si vous en usez.
Puisque vous ne rougissez pas de mettre en action sur vous-même et par vous-même cette infâme devise : Exploitation de l’homme par l’homme… pour l’homme. Je demande à être votre complice. Je vous achète toutes vos soirées à raison d’une bâfrerie tragaldabesque pour chaque. Je m’y ruinerai mais ça m’est égal. D’ailleurs un peu plus tôt un peu plus tard, j’aime mieux que ce soit tout de suite. En tout j’aime le genre violent et expéditif. Courte et bonne voilà comme j’entends la vie. Maintenant que je connais votre tarif je ne m’en priverai pas puisque mes moyens me le permettent. Je ne vous demanderai même pas de vous livrer au dessous du cours. Je veux au contraire tout à la hausse rien à la baisse.
Juliette »


Juliette Drouet est une actrice française qui a été la compagne de Victor Hugo pendant près de cinquante ans. En 1833, alors qu’elle faisait une lecture du rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia, Victor Hugo la remarque. Elle abandonne sa carrière théâtrale pour se vouer, en victime consentante de « l’éternel féminin d’imagerie d’Épinal », pour le reste de ses jours à son amant. Il exigera d’elle une vie cloîtrée, monacale, et ses sorties seront faites uniquement en sa compagnie.

Références :
Cette lettre ne figure pas dans la correspondance des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo
Publications numériques du CÉRÉdI (Université de Rouen-Normandie).

Provenance :
Collection Henri Ledoux