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Notes autographes
S.l. [juin 1900], 2 p. ½ petit in-8°, à l’encre noire
« C’est du gothique flamboyant, changeant du roman – mais quel degré de décadence, de renaissance ! »
Notes autographes sur une plaquette de la Cathédrale de Poitiers pour la Pentecôte de l’année 1900
S.l. [juin 1900], 2 p. ½ petit in-8°, à l’encre noire
En-tête « Maitrise de la Cathédrale de Poitiers », fentes aux plis
Intéressantes notes inédites de l’écrivain sur son adoration du plain-chant et sa détestation de la Renaissance
Huysmans a rédigé diverses réflexions, parfois sous formes abrégées, en marges d’une plaquette de la Pentecôte pour l’année 1900. On peut ainsi lire, en regard du programme imprimé, ce qui semble être des réactions à chaud de l’écrivain : « chevauchée – l’un part, l’autre repiétine au même endroit. C’est la queue leu leu – sans ensemble – et tout finit non dans une culbute, mais en une posture horizontale, en lame tendre, droite. »
Plus en bas de la première page, il rajoute : « Bien – un verset plain-chant, un autre en fioriture, des volublilis obscurs – tout se ressemble – 16e ou 7e – c’est de la fugue, du déroulage – où sens religieux de tout cela – du compliqué, des chevaux partis pas ensemble et des pégases devant arriver ensemble au but, tout en gardant leur distance – comprends pas – Ah ! Seigneur, le simple plain-chant – la musique pour tous – L’obscurité de tout cela. »
En regard de la deuxième page imprimée, Huysmans poursuit ses réflexions à travers un long paragraphe sur la troisième page : « Le Dixit, le Magnificat, système de St Sulpice – un verset plain-chant puis la broderie de l’autre. Plus curieux qu’à St Sulpice. Intéressant pour les psaumes, parce que plus clair. C’est du gothique flamboyant, changeant du roman – mais quel degré de décadence, de renaissance ! la cacophonie – la chevauchée là-dedans, avec en même temps ? bidet. Vive celui du plain-chant – « du resurrexit, ? dixit », si simple, si sérieux, si frêle, si ample. Et vive les Tantum ergo. C’est un lacis inextricable. Ce n’est pas de la musique de l’Église, ça ; c’est de la filanderie embrouillée de tous fils. – […] Et le pis, c’est que qui en a entendu une, a entendu l’autre. […]. Toucher des âmes avec ça, zut ! – C’est de la mécanique très savante, je veux le croire. Je préfère les ris ou les larmes des alleluia ou du stabat du plain-chant. »
Huysmans est installé à l’abbaye Saint-Martin de Ligugé depuis juin 1899. On devine donc qu’il est allé entendre la messe à Poitiers, tout près de Ligugé. On retrouve sur ces notes l’une des thématiques de prédilection de Huysmans : adoration du plain-chant, détestation de la Renaissance (qu’il fait naître à la fin du gothique, dit « flamboyant »). Cette opinion, très tranchée, est déjà bien présente dans Là-bas (1891) : « C’est seulement à partir de la Renaissance que la crasse s’est implantée en France. Quand on songe que cette délicieuse Reine Margot avait le corps macéré de parfums mais jambonné tel qu’un fond de poêle ! — Et Henri IV qui se flattait d’avoir les pieds fumants et le gousset fin ! » (éd. Tresse & Stock, 1895, chap. XII, p. 252).
Notons enfin que ces notes sont proches, dans le temps et dans leur esprit, d’un projet de roman sur la liturgie, qui date très probablement de la même année 1900 et dont il ne reste que quelques pages d’esquisses, publiées dans le Cahier de l’Herne Huysmans (1985, rééd. 2019, p. 206-218).
Provenance :
Coll. particulière