LOUIS XVI (1754-1793)

Lettre autographe signée « Louis » à un monsieur
S.l.n.d (1781 avant le mois de mai), 1 page petit in-8 sur bifeuillet

« Je pourrais donner les derniers ordres dimanche à M. Amelot et à M. Necker car je voudrais que la chose ne trainât pas »

EUR 11.000,-
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Fiche descriptive

LOUIS XVI (1754-1793)

Lettre autographe signée « Louis » à un monsieur
S.l.n.d (1781 avant le mois de mai), 1 page petit in-8 sur bifeuillet
Infîme manque en marge droite sans atteinte au texte, trace de pliure centrale

Belle lettre de Louis XVI témoignant de sa volonté personnelle de réduire les dépenses de la Cour et de se ranger aux injonctions de son ministre Necker


« Je vous envoie Monsieur un beau Griffonnage. J’espère que vous pourrez le lire et qu’il ne troublera pas votre repos à la campagne. C’est le résultat de mes réflexions sur le règlement du service de la bouche et vous verrez que j’ai taché d’allier une commodité personnelle avec la stricte règle en évitant les doubles emplois, et ne voulant pas créer une charge de Commissaire de plus. Il y a à la fin plusieurs questions sur des cas de service que je n’ai pas trouvé réglé (sic) dans le règlement. Si vous croyez que la chose puisse s’exercer comme je la propose, écrivez à Chouzy d’estre Jeudy ici. Vous en conférerez avec lui et il pourra refaire tout de suite le règlement ; alors je pourrais donner les derniers ordres dimanche à M. Amelot et à M. Necker car je voudrais que la chose ne trainât pas, tout le monde en étant informé. Adieu Monsieur j’espère que l’air de la campagne vous fait du bien vous devez y avoir bien chaud. Louis. »


Plaidant ardemment pour une politique de réduction des coûts, Jacques Necker, ministre et directeur général des finances de la Maison du roi, vise d’emblée les privilèges de la cour : pensions versées par le roi, dépenses de la Maison du roi, diminution des grands offices… Dans l’optique de rationaliser les coûts du département de la Maison du roi, il crée en 1780 le Bureau général des dépenses de la Maison du roi. Cette lettre est rédigée en 1781, avant le mois de mai, seule année durant laquelle Amelot, Necker et Chouzy collaborent aux plus hautes charges de la nouvelle Maison du roi au sein du tout nouveau « Bureau général des dépenses de la Maison du roi » (qui apparaît dans l’almanach royal en 1781).

Ministre des finances depuis 1776, Necker n’occupe la charge de directeur général des finances de la Maison du roi que cette année 1781, peu avant sa première démission. À cette série de réformes dites républicaines et à l’expérimentation malheureuse des assemblées de provinces s’ajoute une erreur politique du ministre qui lui est fatale. En février 1781, certainement peu de temps après l’envoi de cette lettre, il adresse au roi son compte rendu de l’état des finances, destiné à être publié. Il révèle pour la première fois au grand public l’usage détaillé des dépenses publiques et dévoile, dans un souci de transparence, tous les avantages dont bénéficient les privilégiés de la cour. Ces derniers désavouent le ministre et dénoncent en retour, avec l’appui d’experts en finances, le bilan en trompe-l’œil que le ministre fait de son action. Il a en effet masqué la dette de 46 millions de livres laissée par les dépenses de guerre, s’enorgueillissant au contraire d’un excédent de 10 millions.
« La guerre qui avait si bien réussi contre Turgot recommença sous son successeur », explique Victor Duruy.

” Je ne regrette que le bien que j’avais à faire et que j’aurais fait si l’on m’en eût laissé le temps.” C’est sur ce regret vertueux que Necker, directeur général des Finances, prend congé de Louis XVI, le 19 mai 1781.