MARTIN DU GARD, Roger (1881-1958)

Lettre autographe signée « Roger Martin du Gard » à un ami
Nice, le 21 nov[embre] [19]36, 3 p. in-8

« J’ai une bien grande chance dans mon malheur : c’est de vous avoir ! »

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Fiche descriptive

MARTIN DU GARD, Roger (1881-1958)

Lettre autographe signée « Roger Martin du Gard » à un ami
Nice, le 21 nov[embre] [19]36, 3 p. in-8

Longue lettre de Roger Martin du Gard qui tente de venir à bout de déboires juridiques avec son architecte concernant sa propriété en Château du Tertre


« Cher ami,
J’ai une bien grande chance dans mon malheur : c’est de vous avoir !
Votre lettre m’apporte un immense soulagement. Je n’ai, en effet, ici, aucun dossier des travaux du tertre [château du Tertre], rien qui me permette de donner à mon avocat des précisions indispensables. Tout est sauvé s’il peut entrer en rapports avec vous, et trouver auprès de vous tout ce que je ne puis, à distance, lui donner : sans compter une compétence et des avis qui lui seront précieux pour mener cette affaire vite et bien.
Je lui ai aussitôt écrit longuement, en le priant de vous fixer un rendez-vous et en lui disant qu’il pouvait s’en rapporter à vous comme à moi-même.
Je n’ai pas voulu vous déranger pour cette affaire un ami de mon père, le vieux bâtonnier Albert Salle, qui est un des grands pontifes du Palais. Je me suis adressé à un ami de mon âge, Me Levacon, 28 rue Scheffer, membre du Conseil de l’Ordre, qui a déjà une grande autorité au Palais, et qui est non seulement un de mes amis, mais le successeur de mon beau-père, dont il a hérité toutes les affaires ; c’est vous dire qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour nous rendre service et nous faire gagner ce procès. C’est un homme extrêmement énergique et droit, qui étudie à fond ses affaires, et dont le succès au Palais est entièrement dû à sa valeur personnelle et à sa haute conscience. Avec lui, avec vous, je crois que nous sommes en bonnes mains !
Ce que je vous demande, c’est de le presser, car vous êtes mieux que lui capable de comprendre l’urgence qu’il y aurait à pouvoir commencer le plus tôt possible les travaux, et le danger qu’il y a à ce qu’un nouvel hiver passe sur nos pauvres terrasses.
Encore merci de votre aide si amicale. Et de tout cœur !
Votre Roger Martin du Gard »


C’est en 1906 que Roger Martin du Gard (1870-1958) découvre cette propriété, qui appartient à ses futurs beaux-parents. Séduit et par leur fille et par leur demeure, il y séjourne à plusieurs reprises et y habite de 1925 à 1940. Cette propriété l’enchante au point qu’il en fait la description dans Le lieutenant-colonel de Maumort (1941-1958), son dernier roman, resté inachevé. Il y a reçu de nombreuses personnalités dont André Gide, André Malraux, Albert Camus et bien d’autres liés à la création de la collection NRF et par l’éditeur Gallimard.