MERMOZ, Jean (1901-1936)

Poème autographe de jeunesse
S.l.n.d, 1 p. in-4°

« Je suivais lentement le sentier de Ma Vie / Loin du Monde perdu et noyé dans l’Envie »

EUR 3.900,-
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Fiche descriptive

MERMOZ, Jean (1901-1936)

Poème autographe de jeunesse
S.l.n.d, 1 p. in-4°
Fente à la pliure centrale, petites réparations

Beau poème de jeunesse de Jean Mermoz, dont le seul titre anticipe déjà la destinée de l’auteur


« Je suivais lentement le sentier de Ma Vie
Loin du Monde perdu et noyé dans l’Envie
Confiant en mon âme éprise d’Harmonie
Je suivais lentement le sentier de Ma Vie

Mon cœur n’avait pas une souillure de Fange
N’ayant jamais connu la Haine qui démange
Comme un nouveau-né enveloppé de langes
Mon cœur n’avait pas une souillure de Fange

L’Art était mon unique et ardente Volupté
L’Idéal mon But, le Beau mon Dieu athée
Glorifiant la Nature, créatrice Bonté
L’Art était mon unique et ardente Volupté

Je renaissais enfin à la Vie au Printemps
Le Passé s’éteignait dans les cendres du Temps
Les jours d’amertume étaient moins fréquents
Je renaissais enfin à la Vie au Printemps. »


Le poème relate un chemin vers la renaissance de la voix poétique grâce à l’art. Si la première strophe prend des allures rimbaldiennes, la tension entre le spleen – « perdu et noyé », « Le Passé s’éteignait dans les cendres du temps » et l’idéal – deux dernières strophes – n’est pas sans rappeler Baudelaire. On sait l’admiration de Mermoz pour ce dernier.
Ainsi, à l’image du « Balcon » de Baudelaire, Mermoz applique l’antépiphore sur chacune des quatre strophes de « Ciel ».

Enfin, bien que ce poème suive les grandes lignes de la prosodie – quatrains écrits en alexandrins rimés –, on remarque des prises distance avec la tradition : non-alternance entre rimes féminines et masculines, un « e » caduque comme oublié dans le décompte des syllabes aux vers « L’Art était mon unique et ardente volupté » et « Glorifiant la Nature créatrice de beauté ».

Provenance :
Vente Artcurial 11 oct. 2008