[VERLAINE] KRANTZ, Eugénie (18–/1897)

Lettre autographe signée deux fois « Eugénie Krantz » à Edmond Lepelletier
Paris, 39 rue Descartes, le 8 janvier 1896, 2 pp. in-12 oblong

Extraordinaire témoignage de première main et inédit sur les derniers instants de Verlaine, le jour de sa mort

EUR 6.500,-
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Fiche descriptive

[VERLAINE] KRANTZ, Eugénie (18–/1897)

Lettre autographe signée deux fois « Eugénie Krantz » à Edmond Lepelletier
Paris, 39 rue Descartes, le 8 janvier 1896, 2 pp. in-12 oblong

LA MORT DE VERLAINE

Extraordinaire témoignage de première main, très émouvant, sur les derniers instants de Verlaine de sa compagne Eugénie Krantz, alias Nini-Mouton, ancienne cocotte de music-hall qui a inspiré vingt-cinq pièces des Chansons pour Elle.
Proche de la misère, courant après l’argent, elle
abrite le poète à l’agonie dans son appartement rue Descartes. Il y meurt le soir même, le 8 janvier 1896


Dans un français phonétique, elle écrit :

« Monsieur Paul Verlaine vautre dévoué ami est à la dernière extremite. Veuliez je vous emprie venire le voire desuite car peutetre demain il serai trop [tard]… Venez le plus vite posibl si vous vouloi voir votre ami. Monsieur mes amitiés empresse sons amie Eugénie Krantz. Priaire monsieur de venire desuite pour monsieur Paul Verlaine. […] Mlle Krantz 39 rue Descartes »


Verlaine s’éteint le soir même aux alentours de 19h00, entouré de sa compagne Eugénie Krantz et d’un jeune homme dénommé Cornuty, très grand admirateur de son œuvre. Un prêtre est également présent pour l’extrême-onction. Dès la soirée, et pendant toute la nuit et le lendemain, c’est la cohue : le Tout-Paris défile rue Descartes.

Dans l’excellent livre qu’il consacre à son ami d’enfance, Lepelletier fait état de cette missive : « En rentrant chez moi […] j’ai trouvé un chiffon de papier, à l’adresse d’ailleurs mal mise, m’informant que si je voulais voir une dernière fois mon ami Paul Verlaine, je n’avais qu’à me rendre rue Descartes. Cet avis en tout cas bien tardif était signé d’Eugénie Krantz, la compagne des derniers jours du poète » (E. Lepelletier, Paul Verlaine, sa vie, son œuvre, 1907, p. 541).

Lettre inédite