[BAUDELAIRE] VERLAINE, Paul (1844-1896)

Lettre autographe signée deux fois « Paul Verlaine » à Léon Deschamps
Paris, le 23 août 1892, 3 p. in-12° sur bifeuillet quadrillé

« Baudelaire fut mon plus cher fanatisme et est, c’est-à-dire restera l’une de mes meilleures admirations »

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Fiche descriptive

[BAUDELAIRE] VERLAINE, Paul (1844-1896)

Lettre autographe signée deux fois « Paul Verlaine » à Léon Deschamps
Paris, le 23 août 1892, 3 p. in-12° sur bifeuillet quadrillé
Parfait état de conservation

Double lettre dans laquelle le « Pauvre Lélian » souscrit à un monument en l’hommage de Baudelaire tout en lui renouvelant son indéfectible admiration


« Mon cher Deschamps, merci des cinq balles remises avant-hier.
Voici mon adhésion, ci-contre.
Envoyez donc moi une table des matières, et réservez-moi, if possible, 1 eau forte…
Annoncez que je travaille à un recueil d’Élégies, compléments de Chansons pour elle et d’Odes en son honneur, à paraître chez Léon Vanier etc, etc.
Venez donc me voir. Pour quelque temps encore ici, éruption de sang, furoncle, indépendant du rhumatisme antique et du diabète décidément patent.
Tous les jours de 1 à 3, Broussais salle Lasègue, 30 / 96 rue Didot.
Et tout à vous
P. Verlaine
Envoyez-moi deux ou 3 des prochaines plumes où il y aura « O mademoiselle etc. »

« Paris 23 avril 92
Parbleu ! mon cher Deschamps.
Baudelaire fut mon plus cher fanatisme et est, c’est-à-dire restera l’une de mes meilleures admirations.
A vous de cœur
Paul Verlaine »


Le 1er août 1892, Léon Deschamps (1863-1899) lance dans la revue La Plume une souscription pour un monument en hommage à Baudelaire. Rodin accepte d’en exécuter l’œuvre, en médaillon ou en buste.
Verlaine accepte quant à lui de participer à la souscription, malgré ses éternels soucis financiers. Il profite de sa lettre pour annoncer à Deschamps qu’il travaille à son nouveau recueil Élégies (1893), complément de Chansons pour Elle (1891) et Odes en son honneur (1893), autant de recueils inspirés de ses relations orageuses et passionnées avec ses maîtresses Philomène Boudin et Eugénie Krantz.

Cependant, dès septembre, Ferdinand Brunetière (1849-1906), défenseur du classicisme rationaliste du XVIIe siècle et ardent opposant aux écoles littéraires de son époque, fustige le projet dans la Revue des deux mondes. La polémique durera plusieurs mois, faisant finalement échouer le projet.

« Baudelaire fut mon plus cher fanatisme »
On connaît l’indéfectible admiration de Verlaine pour Baudelaire. Bien qu’il n’ait jamais rencontré son idole, le tout jeune poète, 23 ans à l’époque, fera partie du fameux cortège funéraire du 2 septembre 1867.
Il écrira deux articles relatant l’évènement : l’un publié au lendemain des obsèques ; l’autre, sous forme de « tribune libre », pour La Plume du 19 octobre 1890.

Référence :
Le Figaro Littéraire – 7 avril 1923, par Armand Lods (la lettre n’y est pas transcrite in-extenso)