BONAPARTE, Caroline (1782-1839)

Lettre autographe signée « Caroline » à un prince
[Naples, le 15 mai 1813], 2 p. grand in-8

« Il est cruel de voir ainsi disparaître peu à peu les personnes qui depuis 15 ans sont attachées à l’Empereur et ont partagé tous ses souvenirs »

EUR 2.200,-
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Fiche descriptive

BONAPARTE, Caroline (1782-1839)

Lettre autographe signée « Caroline » à un prince
[Naples, le 15 mai 1813], 2 p. grand in-8
Lettre légèrement insolée par endroits

Rare lettre autographe signée de Caroline Bonaparte, reine consort de Naples par son mariage avec Joachim Murat et petite sœur de Napoléon Ier. Elle est profondément affectée par la mort du maréchal Bessières, duc d’Istrie, mais se réjouit de la victoire de son frère à la bataille de Lützen quinze jours plus tôt, celle- ayant succédé à la désastreuse campagne de Russie.


« Prince,
J’ai reçu votre lettre du 6. Je vous remercie de votre attention tant il m’eut été affreux d’apprendre tout à coup dans le journal la triste nouvelle que vous m’annoncez, cette mort du maréchal duc d’Istrie [Jean-Baptiste Bessière], elle m’affecte excessivement. Il est cruel de voir ainsi disparaître peu à peu les personnes qui depuis 15 ans sont attachées à l’Empereur et ont partagé tous ses souvenirs, cette perte l’aura beaucoup affligéMoi j’en suis aussi tellement attristée. Je viens de recevoir la nouvelle télégraphique de la victoire remportée par l’Empereur [Bataille de Lützen], et je suis toute fière de l’avoir deviné car j’étais sûre que cela se passerait ainsi, le canon a tiré partout ici, et jusqu’à Messine pour annoncer cette heureuse nouvelle qui a fait la plus vive sensation, et nous en avions besoin. Je vous réitère, prince, que je me repose toujours sur vous pour les nouvelles. Vous savez combien elles me sont précie[uses]. Le Roi se porte toujours à merve[ille] [son époux Joachim Murat]. Les princes et princesses [Achille, Letizia, Lucien et Louise] jouissent d’une santé parfaite. Il n’est que moi qui sans avoir de maladie apparente deviens d’une maigreur et d’une faiblesse excessives au point que je me fais peur à voir.
Recevez, prince, l’assurance des senti[ments] que j’aime à vous conserver.
Caroline »


Jean-Baptiste Bessières, duc d’Istrie (1768-1813), est un militaire français élevé à la dignité de maréchal d’Empire par Napoléon Ier.

Brillant officier de cavalerie, Bessières se distingue dans la plupart des grandes batailles des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz, Eylau, Essling et Wagram. Il est mortellement blessé le 1er mai 1813 à Rippach, à la veille de la bataille de Lützen.
Bessières est, selon Napoléon, « un officier de réserve plein de vigueur, mais prudent et circonspect ». Quoique médiocre commandant en chef, il est un excellent général de cavalerie, courageux, capable d’initiatives et qui conduit souvent en personne les charges de ses cavaliers face à l’ennemi. Il est également un homme cultivé, pieux et populaire au sein de la garde. Sa mort est vivement ressentie par l’empereur, qui déclare à son sujet : « Il a vécu comme Bayard, il est mort comme Turenne. »

La bataille de Lützen a lieu le 2 mai 1813 lors du retour de l’armée napoléonienne après le désastre de la campagne de Russie. Wittgenstein attaque une colonne de Napoléon près de Lützen, afin de reprendre la ville de Leipzig. Après une journée de combats intenses, les forces prussiennes et russes battent en retraite.

Provenance : Collection G. Joly