DRIEU LA ROCHELLE, Pierre (1893-1945)

Autograph manuscript
N.p.n.d. [c. 1940-1942 ?], 2 p. in-4° in black ink

« Traditional poetry is completely dead »

EUR 1.200,-
Fact sheet

DRIEU LA ROCHELLE, Pierre (1893-1945)

Manuscrit autographe
S.l.n.d. [c. 1940-1942 ?], 2 p. in-2° à l’encre noire
Légères rousseurs, anciennes marques de trombone
Nombreux caviardages et surcharges de la main de Drieu

Réflexions tranchées sur la poésie et les écrivains de son époque


The first paragraph, devoted to genius, was entirely crossed out by Drieu with a large cross. : « La génération qui est au travail depuis dix ans a fourni plusieurs talents. Mais on ne pourrait s’attendre à moins : […] ce qu’il est important seulement de nommer, c’est le génie qui seul justifie une époque. […]
The author then engages in severe reflections on the poetry of his time, which he sets against that produced across the Channel:
« Si la poésie règne plus librement dans le cœur des écrivains français qu’à bien des moments, une poésie dépouillée d’éloquence, sinon de préciosité, donc débarrassée d’un des deux monstres brillants qui ont si souvent éloigné les muses de notre sol ; pourtant nous n’avons pas de grands poètes. […] Je ne parle pas des hommes qui ont moins de quarante ans ou quarante-deux ans ; donc ni de Claudel, ni de Valéry […] Certes la promptitude du génie poétique s’est manifesté plus en Angleterre qu’en France (à part l’exception fulgurante de Rimbaud) où tout, même le lyrisme, se développe avec une lenteur parcimonieuse, mais enfin la poésie traditionnelle est complètement morte, et je ne trouve d’accent qui me touche que chez deux ou trois poètes qui, par désespoir, ne livrent le meilleurs d’eux-mêmes qu’enchaînés au pire […]
Mais la poésie a rarement en France retenu le génie poétique qui s’est plus souvent porté vers la prose. Cette prose, capable de toutes les puissances constructives de la musique ne chôme pas encore. Peu d’écrivain, pourtant, de nos jours, on le souci ou le pouvoir du style, que la plupart confondent avec la recherche des images. Mais enfin il en est encore quelques-uns qui ont le secret d’écrire bien autre chose qu’une phrase piquante, mais des pages, des livres entiers où de bout en bout se révèlent la science harmonique : André Breton, Louis Aragon, Marcel Jouhandeau et Henri de Montherlant.
En dehors de ceux-là, il y a l’immense cohorte des romanciers chez qui les vertus de l’écriture ne peuvent être primordiales. Comment les ordonner ? Ils sont tous au travail dans l’obscurité de la mine, chacun enfoncé dans sa galerie
[…] »


These leaves in all likelihood served Drieu in the composition of his critical essays, collected and published posthumously in the volume Sur les écrivains, published by Gallimard in 1964. This critique of the great nineteenth-century poets is all the more severe in that the writer repeats the exercise in a number of his articles, as in* L’évolution du grand siècle romantique*: “Like Baudelaire, more than Baudelaire, Lautréamont together with Rimbaud and Bloy deepens and brings illuminism to life. While young, they move naturally within the world of visionary experience into which the solitude of Guernsey draws an aging Victor Hugo by heavy fits and starts” (ibid., p. 236). At the end of his life, in 1944, Drieu noted in his journal: “I would have liked to be a poet, a painter, a musician; but a writer of the kind I am, no. What vulgarity! […]”

Provenance:
Brigitte Drieu la Rochelle’s estate, Drouot, 15 Dec. 2023, n°166

Keep ahead of the pack

Join our mailing list and be the first to hear our latest news and biggest announcements.

By signing up you agree to our privacy policy. You can unsubscribe at any time.