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Autograph letter signed « Majorelle » to a « very dear fugitive »
[Marrakech], “21 July,” [c. 1950?]. 2 pp., 4°, in blue ink
« My staff are at work; an edifying example for those who don’t do shit »
Autograph letter signed « Majorelle » to a « very dear fugitive »
[Marrakech], “21 July,” [c. 1950?]. 2 pp., 4°, in blue ink, on pale green paper.
Letterhead of the Villa “Bou-Saf-Saf” – Marrakech.
A long letter from Majorelle, at times irreverent in tone, concerning his current works
« Ramadan continues to ravage faces and sour tempers »
« Très cher fugitif,
Votre télég[ramme] d’abord et vos lettres ensuite, nous redonnent un morceau de vous-même peu transformé par l’air espagnol. Nous vous avons poursuivi en pensées vous imaginant roulottant sur une voie ferrée et déferrée, sans doute aussi. Nous sommes heureux de vous savoir au repos et au frais dans un château à renards et dorloté par votre mère, qui doit se réjouir d’avoir pour quelques temps sa monstrueuse progéniture. […] Que vous dire de ce que vous savez aussi bien que moi, et l’exprimez beaucoup mieux. Depuis 2 jours on est à l’autoclave, au régime du 44° à nouveau. Le Ramadan continue à ravager les gueules et à aigrir les caractères, malgré lui mon équipe travaille, édifiant exemple pour ceux qui ne foutent rien. Comme le peintre Hobling, qui repeint mon pavillon, et votre Abdelkader dont le ralenti finit par faire du sur-place. […] Quelques emmerdements de pompage empire la biture quotidienne. J’ai terminé ma mise en état de mes paysages de Guinée, j’attends les cadres, et tout sera présentable. Je vais maintenant attaquer des compositions et sans doute le panneau de Levy Soussan […] Ma femme vous embrasse, nous sommes seuls à table, maintenant on parle de vous, sur un mode sentimental. Je m’habitue difficilement à ce vide. Fatima vous envoie une pichnette et moi je vous les serre bien fort. Veuillez présenter mes hommages à votre chère maman.
Majorelle »
The Villa Bou Saf-Saf originated in 1923, when Jacques Majorelle had a residence built in the Moorish style on the edge of the Marrakech palm grove, the decoration of which he designed himself. He drew the patterns for the zelliges, the mosaics adorning the walls, and painted the cedar entrance door panels with geometric motifs in deep blue, green, and dark red tones. He surrounded the property with an extensive botanical garden, which he continually enriched with rare species drawn from around the world.
In 1954, following a separation, the Villa Bou Saf-Saf was awarded to his first wife. The artist thereafter retained only the Art Deco residence and half of the garden.
Between 1945 and 1952, Majorelle undertook several journeys to West Africa. Having left Marrakech, he travelled notably through Mali, Guinea, and Côte d’Ivoire, absorbing the lush landscapes and local traditions that he subsequently rendered in his work, including numerous portraits and landscapes. The occurrence of “paysages de Guinée” in his letter appears to allude to this period of his life.