ARAGON, Louis (1897-1982)

Autograph letter signed « Aragon » to Henri Droguet
[Paris], 23 Nov. [19]70, 1 p. 1/4 in-4° in blue ink

« I will have at my home for about a fortnight an illustrious and rather cumbersome person whom I am fond of… Forgive this secrecy »

EUR 350,-
Fact sheet

ARAGON, Louis (1897-1982)

Autograph letter signed « Aragon » to Henri Droguet
[Paris], 23 Nov. [19]70, 1 p. 1/4 in-4° in blue ink
Tiny ink smudges

Publication in Les Lettres Françaises, Mstislav Rostropovich‘s upcoming visit and Aragon’s ambition to meet with his young poet


« Mon cher Droguet,
J’ai bien reçu votre mot, mais déjà trop tard pour la correction dans le n° suivant des Lettres [Françaises]*. Après ça, malgré la tristesse que ça m ‘a fait, ces fautes, autant pour moi que pour vous, mettre une rectification quand personne (après 15 jours) n’a plus le journal sous le nez… hein ? j’ai hésité, et puis il y avait aussi Marc Delouze mal traité à quatre ou cinq endroits… [Marc Delouze puble l’année suivante son premier recueil, Souvenirs de la Maison des Mots, avec une préface de Louis Aragon] Enfin, vous me (vous nous) pardonnerez. Tout ce que je regrette c’est de ne pas, je l’avoue, avoir corrigé moi même vos épreuves, mais à peine ai-je pu le faire pour deux poètes et demi…
Bon. Cahour [Michel Cahour, autre jeune poète qu’Aragon publia simultanément avec Droguet dans Les Lettres Française] et sa femme sont venus me voir, on a parlé de vous. Si un jour vous faites un saut à Paris, prévenez-moi, on pourrait se voir, je vous mènerai chez moi à la campagne, par exemple. Sinon, peut-être qu’un jour, moi, j’irai dans vos parages.
J’ai un vague projet pour Noël, avoir chez moi la foule de mes poètes, qu’en dites-vous ? Une chose d’ailleurs n’empêcherait pas l’autre. Je ne vous fixe pas de date, je puis presque toujours me rendre disponible, mais la première partie de décembre (enfin après le 7) j’aurai chez moi pour une quinzaine un illustre et encombrant personnage que j’aime bien** […] Pardonnez ces cachotteries. 
Cahour m’a dit que le titre que je vous avais mis ne vous a pas trop déplu : j’en suis content, je craignais un peu que ça vous semble de mauvais goût. C’est que je ne vous connais pas autrement que par l’encre, et c’est un état de fait que je serai heureux de faire cesser. 
Amicalement, voulez-vous ? 
Aragon »


As he himself confided in Aragon parle (Seghers), the poet was only able to live from his writing “from 1959 onward, that is to say at the age of sixty-one. Until then, never.” Having become director of Les Lettres Françaises in 1953, Louis Aragon thereafter used his immense literary renown to promote many young poets and writers in the journal. He thus enabled Henri Droguet (born 1944) and Michel Cahour (born 1940) to appear in its pages, alongside many other poetic discoveries, in the company of established authors such as Pablo Neruda, Eugène Guillevic, and Nicolás Guillén. Such was Aragon’s intention: to foster a diversity of voices within the review, alongside its other literary and artistic columns.

* At the beginning of the letter, Aragon refers to “Sept poèmes pour vous faire plaisir” (“Seven Poems to Please You”) by his correspondent, published in Les Lettres Françaises on 11 November 1970.
** The “cumbersome person” is the cellist Mstislav Rostropovich, who arrived at Aragon’s home on 7 December. The issue of Les Lettres Françaises (23–29 December 1970, no. 1365) published on pages 2 to 6 Aragon’s Chant pour Slava, accompanied by the following note: “On 12 December 1970, shortly after six in the evening, Mstislav Rostropovich played Bach’s Sarabande for Elsa Triolet, in the presence of four people at Saint-Arnoult-en-Yvelines, beneath the beeches of La Villeneuve, before the large double bed where I am expected.”

Bibliography:
Recherches croisées Aragon / Elsa Triolet n°13, Presses Universitaires de Strasbourg, 2011, n°IV

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