MORELLET, André, dit l’abbé (1727-1819)

Autograph letter signed « Morellet » to Maine de Biran
N.p.n.d. [29 or 30th Dec. 1813], 3 p. in-8° in black ink on laid paper

« Voltaire said of Montesquieu: “Mankind had lost its title deeds; Montesquieu rediscovered them and restored them to humanity.” »

EUR 1.200,-
Fact sheet

MORELLET, André, dit l’abbé (1727-1819)

Autograph letter signed « Morellet » to Maine de Biran
N.p.n.d. [29 or 30th Dec. 1813], 3 p. in-8° in black ink on laid paper
Autograph adress on fourth page
Broken wax seal without text loss
Some ink smudges

A long and remarkable letter concerning Lainé’s historic speech before the Legislative Body on the occasion of the preparations for the Campaign of France

An essential testimony to a decisive episode in French politics at the turn of the nineteenth century and to the role of parliamentary eloquence


« Mon cher et estimable collègue,
j’ai un grand désir de vous voir et de causer avec vous et vous savez sur quoi. Je n’ose vous proposer d’accepter chés moi un petit diner parce que je vous crois forcé de céder à des invitations nécessitantes. Si je pouvois vous réunir avec Mr [Joseph-Henri-Joachim ]Lainé je serois au comble de mes vœux et c’est une négociation dont je vous prierai de vous charger. En attendant vous m’obligerez beaucoup de me donner jeudy une ou deux heures de votre soirée, nous avons besoin, toute notre société, de vous témoigner notre reconnoissance  pour le beau rapport que nous devons à chacun de vous et à tous les cinq. Ce sont là Libera verba animi [des mots libres de l’esprit]. Voltaire a dit de Montesquieu Le genre humain avoit perdu ses titres, Montesquieu les a retrouvés et les lui a rendus, on dira La nation française oublioit les siens, des hommes courageux les lui ont remis sous les yeux. J’ai trouvé le rapport admirable d’un bout à l’autre. Une diction simple, claire et pure. Une marche ferme. Un ordre très bien entendu. De beaux mouvemens et de ce qui fait comme dit Horace l’homme éloquent quod disertum facit [ce qui rend l’homme éloquent] mais pourquoi dirai-je l’impression que j’ai vécue lorsqu’elle a été universelle. J’ai vu plusieurs de vos confrères émus jusqu’aux larmes et je l’ai été moi même ainsi du tableau des maux qu’on soufferts les départements du midi. C’est un bel endroit aussi ou plutôt une belle vue que de demander aux souverains qu’il fasse connoitre à la nation par une déclaration formelle ce qu’il faut entendre par l’empire dont il veut défendre l’intégrité en s’imposant la loi de ne pas franchir cette limite. C’est du moins là comme j’ai entendu cette partie du discours. Le discours est sans doute de vous cinq pour le fonds, toutes les idées vous en étant communes, mais à la manière dont M. Lainé l’a débité à l’énergie qu’il a donnée dans sa déclamation, à certaines expressions, à la force et à la vérité de son action, je crois que la rédaction est son ouvrage et je n’hésite pas à dire qu’il est digne de la tribune d’où [se] sont fait entendre les Cicéron et les Hortentius. Je tâcherai de vous voir au corps législatif mais je n’ai pas voullu vous exprimer mes sentimens dans la circonstance présente au milieu du tumulte et de vos assemblées.
Je vous salüe de tout mon cœur.
Mercredi
Morellet… »


A member of the Legislative Body since 1808, André Morellet occupied a privileged position from which to witness Joseph-Henri-Joachim Lainé’s speech, of which he here provides a first-hand account. In 1813, Lainé was appointed by the Legislative Body to the extraordinary commission (known as the Commission of Five, in which Maine de Biran took part) tasked with determining the “needs and wishes of the Nation.”
On 28 December 1813, at the Palais Bourbon, he delivered a historic address presenting a report that expressed France’s desire for peace and for the preservation of the integrity of its territory, at the height of the Campaign of France and amid an imperial crisis. His report, advocating more liberal reforms and invoking “Peace and Liberty,” displeased Napoleon. Incurring the Emperor’s wrath, Lainé left the Legislative Body and withdrew to Bordeaux, where he warmly welcomed the Restoration a few months later.


We include:
An autograph letter signed by abbé François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fézensac, also addressed to à Maine de Biran
N.p.n.d. [c. 1815 ?]n 1/2 p. in-4° on laid paper
Autograph address on fourth page, broken seal without text loss

Fervent plea seeking to secure for King Louis XVIII the adoption by the Legislative Body of the title Louis le Désiré

« Seroit il possible, Monsieur, que l’adresse du Corps l[é]g[isla]tif donnat au Roi [Louis XVIII] le titre de Louis le Désiré. Nous scavons que cest celui qui le flatte le plus, et il lui seroit particulierement agréable dans la bouche des députés ; permettes moi de vous remettre cette négotiation qui seroit a merveille dans vos mains, puisque personne ne seroit s’y porter de meilleure volonté.
L’abbé de Montesquiou »

Appointed to the Provisional Council of State on 26 April 1814, the abbé de Montesquiou reluctantly accepted the portfolio of the Interior on 13 May 1814. He held this office until 19 March 1815, displaying a spirit of conciliation toward officials of the Empire, most of whom were retained and expressed their gratitude for his consideration. During the Hundred Days, he withdrew to England and dignifiedly declined the indemnity of 100,000 francs that Louis XVIII offered to each of his ministers. Under the Second Restoration, he received the title of Minister of State.

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