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Autograph letter signed « Alphonse Daudet » to a journalist
N.p.n.d. [Marseille, c. 1876], 1 p. ½ in-8°
« After many long years of struggle, poverty, running about and travelling, I have at last been able to set seriously to work… »
Autograph letter signed « Alphonse Daudet » to a journalist of Bien public journal
N.p.n.d. [Marseille, c. 1876], 1 p. ½ in-8° in brown ink, mourning paper
Several words crossed out by Daudet
Touching unpublished bio-bibliography of the writer, tracing his entire body of work, from his bohemian years to his literary consecration
« Monsieur,
Votre lettre après mille poursuites et détours me rejoint dans un hôtel de Marseille, et je m’empresse de vous répondre, en vous envoyant les dates que vous me demandez.
Je suis né à Nîmes en 1840. J’ai été élève au Lycée de Lyon que j’ai quitté à seize ans en 1856 pour entrer comme maître d’Études au collège d’Alais [Alès]. J’en suis sorti en 1857 pour venir me lancer dans la littérature et publier à Paris chez Tardieu à cette date de 1857 un petit volume de vers : Les Amoureuses, qui eut du succès, et me valut d’entrer en 1860 chez M. de Morny qui me prit comme secrétaire ou plutôt me fit des loisirs de ses appointements pour me permettre d’écrire. À partir de ce moment, la vie a été assez douce pour moi, mais de seize à vingt-cinq ans, j’ai eu une existence de privations et de tristesses que je ne souhaite à personne. Je me suis marié en 1867, et mon vrai travail, mes vrais livres datent de ce jour-là. J’ai publié depuis cette époque les Lettres de mon moulin, Le Petit chose, Tartarin de Tarascon, les Lettres à un absent, Les Contes du lundi, Robert Helmont, les Femmes d’artistes, Fromont jeune, plus le frère aîné, un acte au Vaudeville, le Sacrifice, 3 actes au Vaudeville, Lise Tavernier, 7 actes à L’Ambigu, L’Arlésienne, 5 actes au Vaudeville ; j’avais publié auparavant ou fait joué, Les Amoureuses (vers), la Double conversion (vers), le roman du Chaperon rouge, la dernière idole, un acte à l’Odéon, L’Œillet blanc, un acte aux français, Les Absents, un acte à l’Opéra-comique.
En somme après de longues années de luttes, de misère, de courses, de voyages, j’ai pu me mettre sérieusement à l’ouvrage.
J’ai été décoré il y a six ans. Quoi encore ? Rien. Et si je vous ai dit tout cela, c’est parce que vous écrivez au Bien public qui a été mon journal, et où je vous lis toujours avec intérêt.
Croyez à ma bonne confraternité et rappelez-vous je vous prie au souvenir de M. Patural
Alphonse Daudet »
To examine in greater detail the genesis of Daudet’s literary career, it should be stressed that his post as a schoolmaster at a collège in Alès proved a painful experience, one that would inspire his first novel, Le Petit Chose (1868). When he joined his brother Ernest in Paris in 1857, a period of bohemian life began, certainly a cheerful one, but marked by financial insecurity. Moreover, his relationship with one of the ladies of Empress Eugénie’s entourage led him to contract an extremely serious syphilitic infection, the complications of which would cause him to suffer throughout his life. Like his fellow writer Zola (born, like him, in 1840), he initially harboured poetic ambitions before contributing to various newspapers, notably L’Universel and Le Figaro. Later, his position with the Duc de Morny left him valuable free time, which he devoted to writing tales and chronicles. In the early 1860s, his travels in Algeria, Corsica and Provence provided a rich source of inspiration for the Lettres de mon moulin, the publishing success of which served as a springboard for his career as a writer.
Provenance:
Private collection