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Autograph letter signed « Claude Lévi-Strauss » to Pierre Berès
Paris, 5 Jan. 1971, 2 p. in-4° in blue ink
« I remember that at the age of six, I received my first Hiroshige… »
Autograph letter signed « Claude Lévi-Strauss » to Pierre Berès
Paris, 5 Jan. 1971, 2 p. in-4° in blue ink on Collège de France letterhead
Watermark: “OCF Savoyeux”.
[Enclosed:] autograph envelope, stamped and postmarked
Claude Lévi-Strauss’s passion for Japanese prints: or how a generous gift calls to mind the childhood memory of a first Hiroshige
« Cher Monsieur,
Ma femme et moi sommes positivement confus de votre envoi, très éloignée de la carte de vœux autorisée par l’usage, mais présent aussi luxueux qu’injustifié. Ajouterai-je qu’il me touche plus encore par sa secrète perspicacité ?
En le contemplant, je me souviens qu’à l’âge de six ans, je reçu mon premier Hiroshige : cadeau qui, pendant toute mon enfance et jusqu’à l’adolescence, m’inspira une véritable passion pour l’estampe japonaise – à tel point que, vers ma quinzième année, j’étais devenu une sorte de petit expert dont les collectionneurs ne dédaignaient pas les avis.
Rien ou presque ne me reste de ce savoir juvénil [sic], sinon le même goût très vif pour un art qui continue de m’apparaître comme l’un des plus subtils, exquis et raffinés que l’humanité sut jamais pratiquer.
Ce n’est donc pas seulement d’un trop riche présent que ‘de concert à avec ma femme, je vous remercie, cher Monsieur, mais aussi de tous ces souvenirs qu’i est venu ranimer.
Ma femme se joint aussi à moi pour vous adresser ainsi qu’à Madame Berès nos vœux très fidèles et sincères pour la nouvelle année auxquels j’ajoute, avec d’amicaux reproches pour l’excès de votre munificence, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Claude Lévi-Strauss »
Claude Lévi-Strauss’s passion for Japan took root in childhood, within a family environment in which a taste for prints, those of Hiroshige and Hokusai, was cultivated from an early age. This aesthetic “petite madeleine,” to borrow the Proustian image invoked by the author himself (L’autre face de la Lune, Écrits sur le Japon, Seuil, 2011, p. 9), awakened in the young Lévi-Strauss a broader taste for old objects and technical artifacts, which would shape many of his later orientations, in particular his inclination toward “primitive” arts and the primitivism of the arts.
Provenance :
Private collection
Literature:
Lévi-Strauss et le Japon : l’éthos de la distance, Philippe Choulet, Le Portique, 2019, p. 65-82