VALÉRY, Paul (1871-1945)

Autograph letter signed « Paul Valéry » to Maurice Noël
N.p.n.d « Wednesday » [6th May 1942 ?], 2 p. in-8°

« I chatted with Gide (in Marseilles) who gave me full powers, before embarking for Tunis »

EUR 800,-
Add to Selection
Fact sheet

VALÉRY, Paul (1871-1945)

Autograph letter signed « Paul Valéry » to Maurice Noël
N.p.n.d « Wednesday » [6th May 1942 ?], 2 p. in-8°
Old paper clip mark on margin

An interesting set comprising this letter from Paul Valéry to his colleague Maurice Noël, in which André Gide and the publication of “Choses humaines” in Le Figaro are mentioned


« Mon cher confrère,
Je trouve ici votre lettre du 1er mai. Je ne sais plus rien de Paris, ni de la revue. J’ai causé avec Gide (à Marseille) qui me donne plein pouvoirs, avant de s’embarquer pour Tunis. Je lui ai dit que je persiste dans mon attitude, la seule raisonnable, efficace et nette.
Je ne crois pas que vous deviez publier la note que vous m’avez communiquée, si elle n’émane pas de la maison même.  À mon avis, il ne faut rien dire de cette affaire jusqu’à ce que la Revue elle-même parle. Ou que le sommaire du prochain numéro marque quelque changement notable dans l’allure. Je désire que ce que je vous ai dit, à Brisson et à vous, demeure entre nous, et vous serai reconnaissant, si quelque renseignement vous parvenait de Paris qui eût de l’importance à ce point de vue, de me le donner le plus tôt possible. Je resterai ici jusqu’au 20 environ.
Disposez à votre idée des « choses humaines ». Si l’on compose ce texte dès à présent, peut-être une épreuve me parviendrait-elle ?
Je vous prie de remercier Chauvet de sa lettre et de son article, et je n’oublie pas son obligeance à Lyon.

Faites toutes mes amitiés à Brisson que j’ai été si content de revoir et croyez-moi, mon cher Maurice Noël, votre bien cordialement dévoué
Paul Valéry »


Paul Valéry was staying at the Château de Montrozier at the invitation of his friends Robert and Yvonne de Billy. We are talking here about articles written by Paul Valéry, which appeared in the following days.
The newspaper opened its columns to the poet and writer in the early 1930s. Paul Valéry, who had been a member of the Académie française since 1925, had plenty of time to address the themes that were dear to him, in his precise and pictorial style.

We include :

A period film print (11,5 x 7,3 cm) showing Paul Valéry, André Gide et Jean Ballard at the Marseilles train station
Old paper clip mark, inscriptions on verso, fold mark

An autograph letter signed from his wife Jeannie Valéry (born Gobillard)
N.p, « 9th February » [after 1950], 3 p. in-8°
Old paper clip mark on fourth page
About the posthumous publication of Paul Valéry’s works and letters
« Après avoir rendu au Littéraire la lettre de mon mari à [Paul] Claudel pour éviter de peiner les amis Directeur et Rédacteur […] cette manière que vous avez de vous exprimer au sujet de la personne de mon mari me la rend charmante, car elle touche à ma corde la plus sensible […] Monsieur Pierre Brisson a su me montrer par ses prévenances en bien des occasions, la fidélité de son souvenir et la vivacité de son admiration à l’égard de mon mari […] J P Valéry »

An autograph letter signed from Jeanne Loviton (1903-1996), also known as Jean Voilier, writer and Paul Valéry’s mistress
[Paris], 1st December 1950, 2 pp. in-4°
On the writing of her work and her grief after the death of Paul Valéry and the assassination of Robert Denoël
« Je vous en veux d’avoir pu croire que la plus indépendant et livre des femmes ait manqué au respect de la liberté chez autrui […] L’œuvre que j’ai publié est belle, puissante, humaine, elle a du souffle. Elle dépasse les petites histoires, les petits romans dont nous sommes écœurés […] Maurice, la vie m’a été affreusement dure et cruelle ces dernières années [allusion à la mort de Paul Valéry et l’assassinat de l’éditeur Robert Denoël, dont elle était la maîtresse au moment de la tragédie et publiquement accusée d’en avoir été la commanditaire], vous le savez […] J’ai besoin d’une revanche, j’ai besoin d’un succès. Si vôtre candidat [allusion à sa demande de candidature au prix Renaudot] n’a pas de chances suffisantes, vous pouvez m’aider et continuer à mon plaisir. C’est tout. […] Si je suis naïve au point de vous faire cette confiance c’est seulement pour que vous l’oubliez quand vous aurez détruit cette lettre en n’en retenant que mon amitié qui exclut tout le reste, Jean Voilier »

Two period film prints (15×10 cm et 18×13 cm)  showing the cementary in Sète where Paul Valéry is burried
Some flaws, fold on one corner, inscriptions on verso

Provenance:
Maurice Noël’s estate